09/03/2014

Impressions londoniennes, ép. 3 : le Young British Dancer 2014 est...

Après un weekend parisien plein d’émotions, retour à Londres pour la finale du Young British Dancer of the Year Award, qui se tenait samedi soir au Linbury Studio Theatre. Un jury prestigieux (Kevin O’Hare, directeur du Royal Ballet ; Christopher Hampson, directeur du Scottish Ballet ; David Nixon, directeur du Northern Ballet, et Tamara Rojo, directrice de l’English National Ballet, de loin la plus applaudie), des candidats talentueux, un public (majoritairement composé de leurs camarades de classe) débordant d’enthousiasme... l’évènement typiquement britannique s’annonçait sous les meilleurs auspices. Encore fallait-il obtenir un billet, et après une veille infructueuse sur internet au cours des derniers jours, ce fut chose faite grâce à un retour de dernière minute.

2014 Young British Dancer Award © Royal Opera House

En dehors de l’Emerging Dancer Award, destiné à des artistes un peu plus mûrs, c’était la première fois que j’assistais à un concours de danse pour jeunes danseurs (entre 15 et 17 ans). Chacun d’entre eux – huit filles et huit garçons – présentait deux variations classiques.  Le mélange de délicatesse et de maladresse, d’assurance et d’hésitations en scène est assez touchant : les Albrecht et autres Siegfried redeviennent des adolescents aux bras ballants entre deux grands jetés, les fées et les princesses donnent l’impression de courir un marathon, les corsaires et Basilio dévorent la scène avec tant de panache qu’il en font rire toute la salle. Malgré les pirouettes multiples et la hauteur des sauts, la danse reste souvent scolaire, donnant à voir l’articulation de chaque mouvement (pour mon plus grand plaisir).

Entrés en scène, les garçons sont de véritables boules d’énergie : ils n’ont pas encore appris à la distiller dans chaque pas pour donner cette impression d’apesanteur propre à leurs aînés. Une fille sur deux a choisi une variation d’Aurore, sans doute inspirée par la saison en cours du Royal Ballet. Beaucoup ont l’art des réceptions hasardeuses, et ont à cœur de les rattraper, que ce soit par un soubresaut (pour changer de pied) ou une demi-torsion du torse (pour terminer dans la bonne diagonale). Si vous avez déjà joué d’un instrument à corde, c’est un peu l’équivalent du doigt qui glisse sur le manche lorsque la note n’est pas juste du premier coup (ziiiip) : il n’y a que l’élève pour croire qu’il est encore temps de corriger la position...

Erik Woolhouse, 2014 Young British Dancer © Royal Ballet School

Pendant que le jury délibère, un intermède est assuré par les écoles de danse participantes : un flamenco par l’Elmhurst School for Dance de Birmingham suivi d’un extrait de Napoli (ou autre ballet de Bourmonville). Laurretta Summerscales (lauréate en 2008), de saison en saison plus féminine, danse ensuite le pas-de-deux du Corsaire aux côtés de l’explosif Junor Souza, dans une ambiance très bon enfant. Les résultats tombent en fin de soirée : à ma grande surprise, les sept danseurs classés sont des garçons, aucune fille n’a été récompensée. N’ayant ni l’œil des jurés ni la connaissance des critères d’évaluation, je me contente de décerner mentalement l’Award à ma favorite, Charlotte Tonkinson, pour sa belle danse fluide et moelleuse dans Don Quichotte et son apparition aérienne en Ombre de La Bayadère. Félicitations à tous !

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