13/10/2014

Sweet Violets, Scarlett virtuose

14, 17, 22, 24 & 26/05, Royal Opera House

Si l’on devait donner une définition de la balletomanie, je dirais qu’on peut s’en déclarer atteint le jour où l’on retourne voir un ballet au cours d’une même série de représentations avec la même distribution. Mes premiers symptômes ont suivi la soirée Lifar / Petit / Béjart à l’Opéra Garnier il y a quelques années; le dernier accès en date remonte au programme Serenade / Sweet Violets / DGV au Royal Opera House en mai, mais cette fois, c’est une fièvre musicale qui m’a poussée à y retourner une, deux, trois, quatre, cinq fois (j’ai quand même eu la décence manquer l’une des représentations de la série, histoire de ne pas me faire diagnostiquer ballet-maniaque).
 
Steven McRae & Laura Morera, Sweet Violets © Tristram Kenton
 

12/08/2014

Impressions londoniennes, ép. 6 : instants d’audience

Il m’arrive parfois de m’égarer hors des contrées si sécurisées de la balletomanie pour aller visiter celles, pas si lointaines, de nos voisins lyricomanes.

La Fille du Régiment au Royal Opera House (2014)

1… 2… 3… opéra

J’apprenais l’autre jour au détour d’un article que les critiques de cinéma écrivent suite à des projections privées. Quelle drôle d’idée. Pour avoir déjà tenté d’écrire sur des répétitions (malgré la terreur inspirée par la gardienne du temple de l’AROP), je peux assurer que l’exercice n’a rien de comparable avec le compte-rendu d’une représentation : même lorsque le travail est tout à fait achevé, on se sent vide. Aux générales, l’effet est un peu différent, la salle étant remplie d’invités, mais le style sans doute un peu trop décontracté ne renvoie pas la même atmosphère : il n’y a pas cette fébrilité des spectateurs endimanchés qui viennent pour la première fois s’offrir un plaisir tout à fait exceptionnel. Les rangs du parterre restent dépeuplés, souvent réservés aux metteurs en scène et aux photographes, ce qui affaiblit la caisse de résonance.

Car c’est bien d’une sorte de résonance émotionnelle qu’il s’agit, déterminée par le style et la pratique du public. L’émotion ressentie est rarement la même que l’on se trouve au parterre ou au fond de l’amphithéâtre ; dans une loge où les touristes applaudissent ou en compagnie d’habitués qui assurent le commentaire du spectacle en direct. La vue de la scène et la proximité avec les artistes n’est pas le seul critère extérieur entrant en compte dans la perception d’un spectacle (raison pour laquelle certains critiques ou blogueurs se font presque un devoir de relater l’avant et l’après, ne serait-ce que pour donner des clés de lecture). Si vous souhaitez tenter l’expérience, rien de tel qu’une soirée d’opéra, l’ambiance y étant encore plus électrique pour celles réservées aux ballets.

05/07/2014

La saison 2014-2015 du Royal Ballet

Quels ballets voir à Londres en 2014-2015 ? Si vous avez prévu d’aller passer un weekend outre-manche, ne manquez pas l’occasion d’admirer le Royal Ballet dans l’une des œuvres typiques de son répertoire. Petit aperçu des soirées que nous réserve la saison 2014-2015 (pour les modalités pratiques, suivez le guide : comment aller voir un ballet à Londres ?)

Steven McRae, Alice in Wonderland © Johan Persson

04/07/2014

Notre-Dame de Paris, Roland Petit

30/06, Opéra Bastille

Dernière première de la saison à l’Opéra Bastille. Dans la fameuse travée du rang 15, où ont pris place les invités de marque, la Directrice de la Danse fait son entrée, souveraine en son royaume, s’arrêtant sur son passage pour distinguer certains heureux élus par une accolade ou une embrassade prolongée. Selon leur importance, les importants propriétaires des sièges en font de même : il y a comme une étiquette qui indique combien de temps rester debout devant son fauteuil, s’assurant d’être vu par tout le parterre, que l’on soit Critique, Directeur, Étoile, Ami du Chorégraphe ou Maître de Ballet. Mais lorsque les lumières s’éteignent, chacun redevient simple spectateur, humble témoin d’une œuvre – quelle qu’elle soit – qui relègue en quelques secondes tout ce beau monde dans l’obscurité.

Notre-Dame de Paris de Roland Petit © Christian Leiber

[Brève] Résultats du concours d'entrée dans le Ballet de l'Opéra de Paris 2014

Le concours d'entrée dans le corps-de-ballet de l'Opéra de Paris avait lieu cette année le jeudi 3 juillet (concours interne - réservé aux élèves de l’École de Danse) et le vendredi 4 juillet (concours externe). Les danseuses présentaient la variation de "La Flûte" de Suite en Blanc, les hommes celle de Colas à l'acte 1 de La Fille mal gardée. 8 postes étaient à pourvoir cette année, un nombre plutôt élevé par rapport aux années précédentes.

Concours annuel du Ballet, Opéra de Paris © Gérard Uféras

03/07/2014

[Brève] Promotions 2014 au Royal Ballet

Comme de coutume en fin de saison, le Royal Ballet vient d’annoncer les promotions et les nouveaux danseurs engagés au sein de la compagnie. Contrairement à l’Opéra de Paris, où les carrières se jouent sur concours tant en interne qu’en externe, les décisions sont à la discrétion du directeur artistique Kevin O’Hare, ce qui permet de maintenir une adéquation avec les distributions tout au long de l’année et d’éviter les surprises le jour J.

Y. Naghdi , F. Hayward, C. Dean, fées Sleeping Beauty © Twitter

24/06/2014

Romeo & Juliet in-the-round : les adieux de Daria Klimentová

22/06, Royal Albert Hall

Il y a 4 ans, Polina Semionova annulait sa participation à la première du Swan Lake in-the-round de l’English National Ballet à cause d’un retard de visa. Pour la remplacer aux côtés de Vadim Muntagirov, le nouveau prodige de la compagnie (à seulement 19 ans), le chorégraphe Derek Deane faisait appel à l’étoile « maison », Daria Klimentová, que l’on disait déjà sur le départ. La suite est connue des balletomanes britanniques : les critiques dithyrambiques obtenues lors de la représentation ont donné un second souffle à sa carrière et fait naître l’un de ces partenariats rares et précieux dans le monde de la danse, version moderne du mythe Noureev & Fonteyn.

Vadim Muntagirov et Daria Klimentová, Romeo & Juliet © ASH

26/05/2014

Christopher Wheeldon, du studio à la scène (2) : Danse Grande Vitesse

Clore Studio Upstairs, 24/04

Après l’insight consacré au Winter Tale, l’agenda du Royal Ballet donne une seconde occasion de se plonger dans l’univers chorégraphique de Christopher Wheeldon avec la reprise de DGV: Danse à Grande Vitesse quelques semaines plus tard. Comme il est d’usage, le programme et les participants à la répétition ne sont dévoilés que le soir même : cette fois le chorégraphe n’est pas présent et c’est le maître de ballet Christopher Saunders qui fait répéter les solistes de la seconde distribution* : Beatriz Stix-Brunell et Valentino Zucchetti, Tristan Dyer et Akane Takada, accompagnés par la pianiste Kate Shipway.

Christopher Wheeldon, du studio à la scène (1) : The Winter’s Tale

11/03, Linbury Studio Théâtre

Un mois avant la première de son dernier ballet, le Royal Opera House proposait une rencontre avec Christopher Wheeldon et son équipe pour en savoir plus sur le processus de création du Winter’s Tale et découvrir en avant-première quelques extraits du ballet. Comme d’habitude pour ce genre d’évènement, direction le Linbury Studio Théâtre, l’équivalent de l’amphithéâtre Bastille, situé sous la salle principale. La séance, bien que payante, est archicomble (je ne dois moi-même ma place qu’à une veille acharnée sur le site internet et environ 336 clics sur le bouton « refresh »). Le livret distribué à l’entrée indique la présence de nombreux danseurs, dont la toute dernière étoile de la maison, Vadim Muntagirov, qui à l’époque n’avait pas encore fait ses débuts.

18/05/2014

En répétition avec Natalia Osipova

12/05, Clore Studio Upstairs

Un lundi soir pluvieux après un réveil trop matinal (les joies de l’Eurostar à l’aube au retour de Paris), la perspective d’une soirée découverte en compagnie d’un chorégraphe à tendance weirdo-mélancolique n’est pas des plus enthousiasmantes, au point que j’avais presque envisagé d’y renoncer, avant de me rappeler les bonnes résolutions prises il y a 3 ans, le soir où j’ai manqué une répétition avec Alina Cojocaru et Johan Kobborg dans Le Lac des Cygnes : ne jamais faire l’impasse sur une répétition avec le Royal Ballet. Et bien mal m’en eut pris en effet, à voir la liste des participants : pas moins de sept danseurs dont trois étoiles, y compris la nouvelle méga-star de la compagnie.

Natalia Osipova en répétition au Royal Ballet © Andrei Uspensky

17/05/2014

Balanchine & prodigal sons de Paris à Londres

Opéra Bastille, 10/05 ; Royal Opera House, 14/05

A quelques jours d’intervalle, l’Opéra de Paris et le Royal Ballet proposaient tour à tour deux programmes néoclassiques débutant chacun par une œuvre de George Balanchine : Le Palais de Cristal (1947) à l’Opéra Bastille, suivi d’une création de Benjamin Millepied, lui-même très influencé par le fondateur du ballet américain, et Serenade (1935) à Londres, accompagnée d’une reprise de la première pièce narrative de Liam Scarlett, chouchou de la danse anglaise, et du fameux DGV (« didjivi ») de Christopher Wheeldon, qu’on ne présente plus.

Marianela Nuñez, Serenade © Tristam Kenton / ROH

27/04/2014

Une saison à la Juilliard School sur Arte

Après Graines d’Etoiles, tourné à l’École de Danse de l’Opéra de Paris et diffusé au printemps dernier, Arte nous entraîne dans le quotidien de la prestigieuse Julliard School où des jeunes artistes de tous les pays (40% des étudiants sont étrangers) viennent se perfectionner en théâtre, musique et danse. En 6 épisodes de 26 minutes, la réalisatrice Priscilla Pizzato nous fait vivre les espoirs, les appréhensions, les joies et l’ambition des élèves à différentes étapes de leur scolarité : deuxième année pour Mariella, 17 ans, violoniste allemande surdouée qui vient de rejoindre la classe d’Itzhak Perlman, quatrième et dernière année pour Raymond, 21 ans, danseur américain qui rêve d’intégrer la compagnie d’Alvin Ailey. Un seul fil conducteur : la passion qui les unit à leur art.


21/04/2014

Itinérances avec Nicolas Le Riche

17/04, Maison de la Culture d’Amiens

On a tous une histoire avec Nicolas Le Riche. Une apparition féérique en prince du répertoire. Un coup de cœur en DVD. Une rencontre fugace à la sortie des artistes. Une interprétation foudroyante d’un ballet de Roland Petit. En général, on n’oublie pas son sourire de gamin, ses yeux doux et pétillants... ou sa coupe au bol (il y a quelques années). Mon « Emotion Nicolas », c’était il y a trois ans après la première de 6000 Miles Away en compagnie de Sylvie Guillem au Sadler’s Wells. A débattre de la soirée avec un Balletonaute sans voir le temps passer, nous nous sommes soudain retrouvés au beau milieu d’un cocktail, et à la table d’à côté, je vous le donne en mille, Nicolas Le Riche en train de papoter avec Anne Deniau. L’occasion ou jamais de vaincre ma timidité et de m’approcher pour demander un autographe (non sans piquer un fard...)

© Anne Deniau

20/04/2014

Jeunes danseurs, nouveaux chorégraphes à l’Opéra Garnier

18/04

La dernière fois que j’ai assisté à un programme Jeunes Danseurs à l’Opéra de Paris, je découvrais la plupart des artistes et n’avais jamais entendu parler de la moitié des extraits proposés. A mi-chemin entre le gala et la présentation de nouvelles chorégraphies expérimentales, la soirée n'est pas des plus accessibles aux spectateurs occasionnels, mais avec une meilleure connaissance de la troupe et de son répertoire, l’expérience s’avère beaucoup plus agréable, le plaisir de voir danser de nouvelles têtes s’ajoutant à celui de découvrir ou redécouvrir des extraits du répertoire maison.

Grâce à la générosité d’un spectateur, je m’installe pour la première fois au premier rang des premières loges de face. Ayant déjà testé le premier rang du parterre, du balcon, ou encore de la loge impératrice, je pensais avoir fait le tour des meilleures places de la salle : pas du tout. Depuis ces loges d'ordinaire dévolues aux invités d’honneur, Garnier s’offre à vous comme jamais, du parterre au plafond de Chagall. C’est peut-être un peu loin pour apprécier un spectacle de danse (de ce point de vue, le fauteuil de la Directrice de la Danse est un meilleur choix) mais on s’y sent comme des rois.

Léonore Baulac et Jérémy-Loup Quer © Julien Benhamou

16/04/2014

Programme de la soirée Jeunes Danseurs à l'Opéra de Paris

L’Opéra de Paris propose les 18, 19 et 22 avril une soirée Jeunes Danseurs. Déjà testé, ce type de programme est l’occasion rêvée d’admirer les jeunes talents de la troupe ordinairement cachés au fond du corps de ballet dans de grands rôles du répertoire. Nous aurons même la chance cette année de voir danser des jeunes danseurs engagés en juillet dernier et qui n'ont pas forcément eu beaucoup d'occasions d'apparaître en scène. A noter qu'ils seront accompagnés par l'Orchestre de l'Opéra de Paris lui-même, sous la direction de Marius Stieghorst.

Les extraits choisis, très contemporains, font la part belle aux chorégraphes « maison » : sur les dix œuvres présentées, six ont été créées par des danseurs issus du Ballet de l'Opéra. A côté des commandes passées aux étoiles (Kader Belarbi, José Martinez, Nicolas Le Riche et Jean-Guillaume Bart), on y retrouve avec plaisir les oeuvres de deux chorégraphes prometteurs collaborateurs du groupe Incidence Chorégraphique (Nicolas Paul et Sébastien Bertaud). Petit aperçu du programme et des distributions :

13/04/2014

Impressions londoniennes, ép. 5 : ballets modernes

Cette semaine à Londres, outre la première mondiale du nouveau ballet narratif de Christopher Wheeldon, l’English National Ballet achevait une série de représentations en hommage à la Grande Guerre avec le programme Lest we forget (« Qu’on se souvienne ») au Barbican et les Ballets de Monte-Carlo présentaient leur version moderne du Lac des Cygnes au London Coliseum.

The Winter’s Tale de Christopher Wheeldon

10/04 (première), Royal Opera House

Trois ans après le succès d’Alice’s adventures in Wonderland, Christopher Wheeldon était l’invité du Royal Ballet cette saison pour la création d’un nouveau ballet « full-length » (par opposition aux petits ballets de moins d’une heure habituellement présentés lors des soirées contemporaines), le second créé pour la compagnie en vingt-trois ans. Ambitieux, le jeune chorégraphe britannique s’attaquait cette fois-ci à un sujet jamais traité en danse, Le Conte d’Hiver de William Shakespeare, réunissant autour de lui la même équipe : Joby Talbot à la composition, Bob Crowley aux décors, les danseurs Lauren Cuthbertson, Edward Watson, Sarah Lamb, Steven McRae et Zenaida Yanowsky dans les rôles principaux. Passant avec agilité de la fantaisie de Lewis Carroll à la tragicomédie élisabéthaine, il manifestait cette fois la volonté d’entraîner les spectateurs dans un univers plus sombre et plus adulte que sa première création, dans un ballet à la fois moderne et ancré dans l’histoire de la danse.


06/04/2014

Spectacle de l’École de Danse 2014

05/04, Opéra Garnier

Il y a longtemps que je n’avais pas mis les pieds à Victoria Coach Station, la gare routière de Londres. Il fut un temps où je prenais régulièrement le bus pour rentrer en France, mais avec l’âge (et le pouvoir d’achat grandissant), les 8h de voyage (de jour, comptez 10h pour un trajet de nuit) me sont apparues de plus en plus évitables. Ah, les départs de Londres à minuit après le spectacle, les nuits d’errance sur le ferry transmanche, l’odeur tenace des chips au paprika du voisin dans un bus bondé et surclimatisé... ce petit goût d’aventure et de colonie de vacances me semblait déjà appartenir au passé et à mes chères années d’étudiante.

30/03/2014

Impressions londoniennes, ép. 4 : Princes et Princesses

Pour les balletomanes qui n’auraient pas encore eu leur dose de Tchaïkovski et de paillettes en décembre à l’Opéra Bastille, le Royal Ballet propose ces temps-ci sa propre version de La Belle au Bois Dormant, chorégraphie de Marius Petipa massacrée remaniée par Frederick Ashton, Anthony Dowell et Christopher Wheeldon. Alternant distributions prestigieuses (Sarah Lamb et Steven McRae pour la première et la diffusion au cinéma, Natalia Osipova et Matthew Golding pour la dernière) et débuts dans les rôles (Yuhui Choe et Ryoichi Hirano, que j’avais aperçus en répétition, Vadim Muntagirov pour sa première apparition avec la compagnie), la série s’étire de mi-février à mi-avril, entrecoupée par les deux semaines de « break » de mi-saison.  SOLD OUT depuis des semaines, à 145€ le fauteuil d’orchestre (contre 8€ la place debout à l’amphithéâtre), c’est l’occasion de remplir les caisses qui serviront à amortir le coût des productions contemporaines.

© Royal Opera House

09/03/2014

Impressions londoniennes, ép. 3 : le Young British Dancer 2014 est...

Après un weekend parisien plein d’émotions, retour à Londres pour la finale du Young British Dancer of the Year Award, qui se tenait samedi soir au Linbury Studio Theatre. Un jury prestigieux (Kevin O’Hare, directeur du Royal Ballet ; Christopher Hampson, directeur du Scottish Ballet ; David Nixon, directeur du Northern Ballet, et Tamara Rojo, directrice de l’English National Ballet, de loin la plus applaudie), des candidats talentueux, un public (majoritairement composé de leurs camarades de classe) débordant d’enthousiasme... l’évènement typiquement britannique s’annonçait sous les meilleurs auspices. Encore fallait-il obtenir un billet, et après une veille infructueuse sur internet au cours des derniers jours, ce fut chose faite grâce à un retour de dernière minute.

2014 Young British Dancer Award © Royal Opera House

02/03/2014

Gala des Étoiles de Manuel Legris

01/03, Palais des Congrès


Si vous évoquez l’idée d’aller voir un ballet au Palais des Congrès, vous risquez de susciter des réactions pour le moins mitigées auprès des amateurs : « trop cher ! » « trop grand ! » « mais, Porte Maillot, ce ne serait pas de l’autre côté du périph ? [horreur] ». Pourtant, les spectacles de danse s’y sont multipliés ces dernières années, au point d’en faire un lieu de passage incontournable. Si les productions classiques de petites troupes russes aux titres un peu trop ronflants restent souvent à vos risques et périls, les galas à la programmation léchée et aux invités prestigieux offrent de rares occasions d’admirer des étoiles internationales, et on ne s’étonne plus de retrouver dans cette salle tout le gratin du monde de la danse.

Au revoir Isabelle Ciaravola

28/02, Opéra Garnier

Certains adieux sont plus douloureux que d’autres. Hier soir les applaudissements ont duré longtemps, les spectateurs comme les membres de l’Opéra refusant de voir partir l’étoile qui consumait sa dernière flamme sur scène un instant plus tôt. Sereine et souriante sous la pluie d’or, celle-ci n’en finissait plus de remercier son public et ses amis, tentant de distinguer les visages de ceux qui l’ont accompagnée tout au long de sa carrière, envoyant des baisers du bout des doigts, s’épanouissant en avant-scène lors d’une dernière révérence, avec une reconnaissance qui n’a de pair que la générosité avec laquelle elle venait de nous offrir son ultime représentation.

© Dansomanie

16/02/2014

Impressions londoniennes ép. 2 : The Sleeping Beauty in rehearsal

Il y a plus de 2 ans que je n’avais pas mis les pieds dans le Clore Studio Upstairs. Niché tout en haut des escaliers, comme son nom l’indique, au dessus de la salle principale du Royal Opera House, ce studio a été conçu pour accueillir des spectateurs en répétition : classes publiques, séances de coaching, insights (l’équivalent des « Convergences » à l’Opéra de Paris, en version payante, mieux organisée, plus chaleureuse et surtout plus régulière). C’est également dans cette salle qu’ont été enregistrés tous les épisodes de la première journée portes ouvertes en direct sur internet, le Royal Ballet Live en 2012.

Yuhui Choe, Nikiya in La Bayadère © Bill Cooper

09/02/2014

Impressions londoniennes ép. 1 : Giselle et Rhapsody

Back in London ! Cette semaine, retour aux origines, la ville et les compagnies de danse qui m’ont décidée à ouvrir ce blog il y a un peu plus de 3 ans. Il y pleut toujours autant, parfois sous un soleil insolent ; on y mange toujours aussi bien – du fabuleux treacle pudding (mention spéciale aux fans de Harry Potter, qui s’en gave à longueur d’année) aux scones de Pâtisserie Valérie, et les balletomanes y sont toujours à la fête, des ballets classiques et contemporains en veux-tu-en-voilà. Deux spectacles cette semaine pour un démarrage en douceur.

Arc-en-ciel sur Oxford Street, samedi 8 février

29/01/2014

La saison 2014-2015 du Ballet de l’Opéra de Paris

La saison 2014-2015 du Ballet de l’Opéra de Paris a été dévoilée ce matin par... une fuite sur un site japonais. Le programme des ballets à voir à Garnier et à Bastille jusqu’en juillet 2015 dès janvier 2014, c’est un nouveau record d’anticipation, la saison n’étant ordinairement connue qu’au début du mois de mars.

Cette saison a été co-programmée par Brigitte Lefèvre, actuelle directrice de la Danse, et Benjamin Millepied, qui prendra la relève en octobre 2014. A première vue, un programme très chargé avec six grands ballets classiques, autant de soirées contemporaines et deux compagnies invitées. Le nombres de grands ballets narratifs et la reprise - dans une même saison ! - de Casse-Noisette et du Lac des Cygnes devrait également réjouir plus d'un spectateur.

27/01/2014

Le Prix de Lausanne 2014 en direct !

Le Prix de Lausanne 2014 est lancé ! La 42e compétition du plus célèbre concours de danse classique a lieu cette année du 26 février au 1er février. Tout au long de la semaine, les jeunes participants (entre 15 et 18 ans) participeront à des cours de danse et bénéficieront d'un coaching personnalisé pour préparer leurs solos. La finale aura lieu samedi de 15h à 16h30 : chaque candidat présentera une variation classique et une variation contemporaine. A la clé : des bourses d'études pour poursuivre leur formation dans de grandes écoles de danse internationales.


Très interactif, le Prix vous propose depuis plusieurs années de nombreuses vidéos et reportages sur les réseaux sociaux permettant de suivre la compétition en direct ! Voici les principaux liens à suivre toute la semaine :

21/01/2014

Le Royal Ballet dans Giselle

Journée chargée pour les balletomanes londoniens samedi dernier : tandis que Tamara Rojo et Matthew Golding triomphaient dans Le Corsaire au London Coliseum, Natalia Osipova éblouissait les critiques de danse anglais en faisant ses débuts dans Giselle au Royal Opera House aux côtés de Carlos Acosta. Ayant prévu de découvrir cette distribution au cinéma, les Balletomanes Anonymes en virée de l’autre côté de la Manche avaient pour leur part choisi d’assister à la représentation en matinée, avec les étoiles Steven McRae et Roberta Marquez.

Natalia Osipova dans Giselle © ROH / Bill Cooper 2013

Le Corsaire flamboyant de l’English National Ballet

London Coliseum (dit « the Coli »), 17-18/01

Sur scène, des costumes cristallisés par Swarovski étincelant de mille feux. Dans la salle, des spectateurs debout qui saluent la virtuosité des danseurs en criant comme devant un match de rugby. Si la mission première de l’English National Ballet est de rendre la danse classique plus populaire, l’objectif est atteint avec cette nouvelle production du Corsaire, encensée aussi bien par les critiques (qui ont fait le déplacement jusqu’à Milton Keynes pour ne pas manquer la première en octobre dernier) que par le public familial qui vient pour la première fois.

Le Corsaire © English National Ballet

20/01/2014

Blue Monday : 10 antidotes anti-déprime

C’est officiel : le 20 janvier 2014 a été élu « Blue Monday », le jour le plus déprimant de l’année. Courage, en vous levant ce matin, vous avez déjà fait le plus dur. Pour vous aider à survivre au reste de la journée, voici 10 antidotes danse qui devraient vous rendre votre bonne humeur !

18/01/2014

Interview de Thierry Fontaine, directeur de Pathé Live

Nichés au dessus du cinéma Gaumont Opéra, les bureaux de Pathé Live abritent depuis 2008 les équipes chargées de la retransmission d'opéras et de ballets au cinéma. Après le MET et l'Opéra de Paris, le producteur propose depuis 2 ans les diffusions en direct des ballets du Bolchoi. Rencontre avec son directeur Thierry Fontaine, en charge de la programmation des saisons.



13/01/2014

Le Ballet du Bolchoi au cinéma

Vous avez manqué la tournée du Bolchoi à Paris la semaine dernière ? Bonne nouvelle : Pathé live vous propose une séance de rattrapage avec la diffusion prochaine de deux ballets de la compagnie au cinéma, en direct de Moscou : ce sera d’abord Joyaux de George Balanchine dimanche prochain puis Illusions perdues d’Alexeï Ratmansky le 2 février. L’occasion d’admirer les étoiles russes dans des conditions optimales et pour un prix raisonnable. Avec plus de 110 cinémas participants dans toute la France, vous avez de fortes chances de trouver une salle de chez vous.

Olga Smirnova et Semyon Chudin, Diamants © Elena Fetisova

09/01/2014

Émotion Opéra : ma première nomination

Participation hors-sujet au concours « Ma plus belle émotion »

« Il n’y aura plus de retours. » Le 31 décembre 2009, il est 19h20 lorsque l’ouvreur en charge de la file d’attente à la billetterie de l’Opéra Bastille annonce que les ventes sont closes. Ce soir, l’étoile Dorothée Gilbert danse Casse-Noisette aux côtés de Karl Paquette, premier danseur. Hasard du calendrier ? La rumeur d’une nomination court depuis des semaines tant les conditions semblent favorables : soirée d’exception, candidat pressenti, distribution de luxe.

06/01/2014

Les Illusions perdues d’Alexeï Ratmansky, sur le fil de l’émotion

Opéra Garnier, 04/01
« Loin de le décourager, la rage de l’ambitieux repoussé donnait à Lucien de nouvelles forces. Comme tous les gens emmenés par leur instinct dans une sphère élevée où ils arrivent avant de pouvoir s’y soutenir, il se promettait de tout sacrifier pour demeurer dans la haute société. » (Honoré de Balzac)
Prenez un thème intemporel : les rêves de la jeunesse ; un chorégraphe débordant d’inventivité : Alexeï Ratmansky, un jour directeur du Ballet du Bolchoï, le lendemain artiste en résidence à l’American Ballet Theater ; ajoutez-y des danseurs d’exception, des étoiles russes formées au Mariinsky et invitées sur toutes les scènes du monde, et vous obtiendrez une œuvre néoclassique d’un nouveau genre, propre à aiguiser la curiosité des amateurs de lettres et de danse, justifiant à elle seule l’invitation à Paris de la célèbre compagnie moscovite.

04/01/2014

Giselle de Mats Ek, Ballet de Lyon

03/01, Théâtre de la Ville

Lorsque j’ai découvert l’interprétation de Giselle par Mats Ek à l’Opéra de Lille en janvier 2010, je venais tout juste d’assister à la dernière reprise du ballet à l’Opéra de Paris. L’œuvre de Jean Coralli et Jules Perrot bien présente à mes yeux s’était juxtaposée en filigrane à la version contemporaine, me permettant de décoder les références à la production originale et de suivre le fil narratif à mesure qu’il se déroulait sur scène. Quelques années plus tard, le souvenir s’est flouté mais le double-regard que l’on peut porter sur l’œuvre demeure.

Albrecht, Giselle et Hilarion, acte I © Jean-Pierre Maurin

03/01/2014

La Belle au Bois Dormant, Opéra de Paris

Représentations des 4, 7, 13, 20, 29 et 31 décembre, Opéra Bastille

Dans la famille des ballets kitchs et interminables, La Belle au Bois Dormant occupe une place de choix. Avec ses successions de variations ponctuées d’applaudissements, ses tutus à paillette et ses courtisans enrubannés, c’est typiquement le genre de ballet que vous évitez de mentionner quand vous défendez l’idée que le ballet c’est jeune, moderne et sensuel. Je n’irais pas jusqu’à dire qu’on y va à contrecœur, un bon gros ballet classique étant toujours appétissant en fin d’année (toujours plus qu’une œuvre moderne austère et non-dansante), mais certainement pas dans la perspective de passer une soirée d’anthologie. Les critiques très négatives entendues depuis des années au sujet de la version Noureev n’y incitaient pas beaucoup non plus.