18/10/2013

Le Royal Ballet sur grand écran

Vous êtes fan de Carlos Acosta, Natalia Osipova, Frederico Bonelli ou Marianela Nuñez mais vous ne pouvez pas vous déplacer à Londres ? Le Royal Ballet vient à vous. Depuis 2011, la compagnie multiplie les diffusions de spectacles en direct au cinéma, en plein air en Grande-Bretagne et dans les salles obscures du monde entier. J’étais dans la salle lors de la première captation, sur les bancs que l’on aperçoit juste au dessus de l’orchestre, à seulement quelques mètres du rideau de scène par lequel Monica Mason (ancienne directrice de la compagnie) est apparue pour prendre la parole sous le regard des spectateurs internationaux.

Marianela Nuñez, Don Quichotte © Johan Persson

Quelle étrange idée, me direz-vous, d’aller voir un ballet au cinéma alors qu’il coûte moins cher d’acheter une place de dernière catégorie à l’Opéra (à partir de 10€ à Garnier, 5€ à Bastille). Les diffusions sur grand écran présentent pourtant certains atouts : l’opportunité de voir des compagnies étrangères, l'angle de vue imbattable, ou encore la distance, car si Londres peut sembler la porte à côté dès lors qu’on maîtrise les tarifs de l’Eurostar, la salle de cinéma du coin reste plus facilement accessible. Mais j’ai été encore plus surprise d’entendre des amis parisiens qui n’avaient jamais mis les pieds à l’Opéra m’expliquer qu’ils iraient plus volontiers au cinéma, quitte à payer plus cher, jugeant le contexte moins intimidant.

Il fallait tester : après avoir vu Paris de Londres il y a 2 ans en Angleterre, j’ai fait le chemin inverse mercredi soir... et l’expérience s’avère assez incroyable. En quelques minutes – après les bandes-annonces des prochains spectacles de la saison – les stars de la soirée nous souhaitent la bienvenue en personne, superbe accent latino et grand sourire aux lèvres. Nous avons droit à une présentation de l’œuvre par le chorégraphe et le chef d'orchestre puis à une visite guidée dans les coulisses des répétitions (sous-titrée en français) avant de rejoindre en live le grand auditorium du Royal Opera House, à quelques secondes du début de la représentation.

Toreadors, Don Quichotte © Johan Persson

Si vous vous demandiez si les danseurs sont aussi beaux de près que de loin, la réponse est oui. La fraîcheur de la compagnie anglaise, l’énergie des jeunes solistes et les jeux de scène endiablés nous transportent en un instant à Londres – pardon, Séville, où se situe l’action du ballet Don Quichotte. Carlos Acosta et Marianela Nuñez rivalisent d’espièglerie et de virtuosité : si les solos varient peu de la version originale ou de celle de Noureev, déjà vue à Paris la saison dernière, les ensembles sont remaniés pour apporter plus de réalisme. Les cris de joie des toréadors, la fougue de Ryoichi Hirano en Espada, la sensualité de sa partenaire Laura Morera, le Gamache délicat de Bennet Gartside et de drôles de dryades en tutus cotonneux complètent le tableau.

Lorsque le rideau tombe, on est presque surpris d’entendre le public parler français ! Ne manquez pas les prochaines diffusions de la compagnie : un Casse-noisette plein de féérie pour les enfants le 12 décembre, une Giselle romantique et aérienne le 27 janvier, La Belle au Bois Dormant le 19 mars et la nouvelle création de Christopher Wheeldon, qui après son Alice au Pays des Merveilles mettra en scène Le Conte d’hiver de Shakespeare, le 28 avril. Pour plus de détails sur la saison du Royal Ballet, c’est par ici ; la liste des cinémas participant dans toute la France est disponible sur le site Akuentic.

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