01/03/2013

Le Lac des Cygnes, Ballet de Perm

26/02, Théâtre André Malraux de Rueil-Malmaison

Le Ballet de Perm était cette semaine en tournée en région parisienne, avec un programme varié de ballets classiques et néoclassiques qui constituait une belle occasion de découvrir cette compagnie russe d’excellente réputation, malgré sa faible notoriété. Il fallait certes s’armer de motivation pour saisir cette opportunité, aucune date n’étant prévue dans des théâtres parisiens : à 30 minutes de la gare RER, 1h de transport à l’aller, 1h30 au retour, le Théâtre André Malraux de Rueil-Malmaison n’est pas facile d’accès, sans parler des horaires tardifs (début à 20h30, fin vers 23h45) qui vous obligent à partir avant la fin… mais les danseurs valaient le déplacement.



Si vous pensez connaître Le Lac des Cygnes par cœur après l’avoir vu et revu dans des dizaines de versions différentes, il en reste toujours une à découvrir pour vous étonner et vous émerveiller à nouveau. La version de Natalia Makarova, toute en charme et en simplicité, en est une nouvelle démonstration. La chorégraphie, parfois à l’étroit sur la petite scène du théâtre, s’étire dans toutes les dimensions, semblant donner à la danse de nouvelles perspectives : les courtisans s’entremêlent dans des figures ingénieuses, les grands cygnes se rejoignent dans des directions inattendues, une princesse pique en arabesque tandis qu’une autre est portée dans les airs par son partenaire, démultipliant la perspective.

Les costumes et les décors épurés mettent en valeur l’harmonie de des lignes, le corps de ballet parfaitement homogène indiquant dès le lever de rideau la qualité de la compagnie. Le premier acte se déroule dans un bois où le prince festoie avec sa cour et son ami Benno, dans des tons pastel et des robes fluides, le troisième acte dans un palais austère et des costumes folkloriques qui ne cèdent pas à l’exubérance de certaines productions. Les tutus des cygnes aux bustiers soulignés de duvet trahissent parfois la maigreur caractéristique des danseurs russes, les traits tirés et les sourires trop rares la fatigue de la tournée, mais la technique solide et l’endurance témoignent de l'exigence de l’entraînement à l’École du Ballet de Perm (qui a fait l'objet d'un documentaire il y a quelques années).



Siegfried incarné par Sergey Mershin n’a peut-être pas le physique romantique qu’on attend chez un prince du répertoire mais sa danse ample, ses sauts moelleux battus avec fermeté et la facilité avec laquelle il soulève sa partenaire emportent l’adhésion. Je suis plus réservée sur Odette / Odile (Natalia Moiseeva) dont les pieds qui tournent en dedans à chaque instant, les chevilles cisaillées par les rubans, les genoux qui jettent la jambe plutôt qu’ils ne fouettent et les bras peu lyriques peinent à faire oublier la condition humaine. Les demi-solistes des danses de caractère en imposent, Denis Tolmazov en Benno paraît prêt à prendre la relève des solistes principaux, mais la véritable star du spectacle reste le corps de ballet, aussi bien féminin que masculin, parfaitement synchronisé et d’une légèreté défiant l'apesanteur.

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