31/12/2013

Les plus beaux moments de l'année danse 2013 en vidéo

[Janvier] On a commencé fort avec l'annonce de la nomination de Benjamin Millepied comme Directeur du Ballet de l’Opéra de Paris. Pour le plaisir, sa publicité pour Air France avec le célèbre baiser volant :

24/12/2013

Roméo et Juliette de Charles Jude

22/12, Opéra de Bordeaux

Tout comme les petits rats doivent désapprendre la danse à leur entrée à l’École de Danse, il faut parfois désapprendre un ballet pour mieux en apprécier une nouvelle production. Le Roméo et Juliette chorégraphié par Charles Jude, Tybalt de légende, s’inspire directement de la version Noureev entrée au répertoire de l’Opéra de Paris en 1984. On n’en saura pas plus sur les intentions du chorégraphe, le programme du spectacle (qui comporte par ailleurs une passionnante analyse de la partition de Prokofiev) étant pour le moins lacunaire au sujet de cette création de 2009 pour le Ballet de l’Opéra de Bordeaux.

20/12/2013

Alice Renavand nommée Étoile de l'Opéra de Paris

Il y a des danseuses pour qui la question n'est pas « le sera-t-elle ? »mais « quand le sera-t-elle ?» . Depuis sa promotion au rang de première danseuse il y a 2 ans, on n'attendait que l'occasion de voir Alice Renavand nommée étoile. On y avait cru sur Don Quichotte, puis sur Kaguyahime la saison dernière, en vain. Et il y avait eu cette date, le 20 décembre, sa première dans Le Parc où l'on savait déjà qu'elle excellerait. Rumeur confirmée par une série de tweets de Philippe Noisette, journaliste de danse tenu au courant des nominations et qui depuis deux saisons n'a jamais manqué de nous vendre la mèche...

Alice Renavand dans Kaguyahime

18/12/2013

Le Ballet du Capitole dans les pas de Noureev

16/12, Opéra de Massy

Le Ballet du Capitole de Toulouse était ce weekend en tournée à l’Opéra de Massy, une occasion rare de découvrir la compagnie en région parisienne. Dirigée depuis août 2012 par Kader Belarbi, ancien danseur étoile de l’Opéra de Paris, elle proposait le programme Dans les pas de Noureev récemment créé à Toulouse en souvenir du monstre sacré de la danse disparu il y a 20 ans. Conçue sous la forme de deux actes entiers et de trois pas-de-deux extraits de ballets classiques, la soirée se veut à la fois un hommage au danseur, célèbre interprète de ces rôles, et au chorégraphe, qui a su redonner de la substance aux œuvres de Petipa. Pari réussi pour une troupe d’une très haute tenue...

Le compte-rendu du spectacle est à lire sur le blog Danses avec la plume !

Rudolf Noureev à Oslo © Karsten Bundgaard

09/11/2013

Concours du Ballet de l’Opéra 2013, 2e journée (dames)

Après une première journée riche en émotions, retour au Palais Garnier pour assister à la deuxième partie du concours de promotion 2013 : les variations des danseuses.

Un mot au passage sur la finalité du concours, chaque année vivement débattue par ceux qui y assistent : comme je l’ai dit sur Twitter, le concours est à mon sens bien plus une solution qu’un problème. Dans la plupart des compagnies, le directeur artistique décide seul des promotions à la fin de la saison. Je n’imagine pas un instant qu’on approuverait un tel « fait du prince » en France. Le concours n’a pas tant pour objet de juger les artistes que de légitimer leur promotion auprès de leurs collègues, ayant valeur de rituel (on pourrait l’assimiler à une sorte de bizutage).

La seule chose qui me paraît viciée, c’est la composition du jury : si les 5 membres représentant la Direction ne sont là que pour appuyer des décisions qui auraient de toute façon été prises si le/la directrice du Ballet (en l’occurrence) avait eu la main, les 5 membres élus par les artistes du Ballet seraient apparemment à l’origine des résultats improbables que l’on voit chaque année. Je ne vois pas pour quelle raison une promotion au sein d’un système aussi hiérarchique devrait être soumise à l’approbation des pairs... et éventuels rivaux. Mais assez discuté, passons aux choses sérieuses !

Classe des Quadrilles

La classe des quadrilles est la première à passer : elles sont 18 à affronter la retorse variation de Célébration, ballet créé par Pierre Lacotte pour le gala du Tricentenaire de l’École française de danse la saison dernière. Leurs confrères n’étaient que 7 à avoir eu l’inconscience le courage de se produire dans la variation de Paquita tricotée par le même chorégraphe mercredi. A ce niveau, l’enjeu pour les danseuses n’est pas tant de surmonter la difficulté technique que de montrer qu’elles sont sorties de l’école et dansent désormais comme des femmes.

Hannah O'Neill, Célébration © Sébastien Mathé

Mission accomplie pour Leïla Dilhac, qui est la première à me surprendre, d’abord avec une belle imposée – hauteur des développés, vitesse des tours, impression globale de facilité – puis une envoûtante variation de Manon. Je suis incapable d’être objective sur ce ballet mais j’ai été instantanément captivée par son jeu, ce qui n’était pas gagné après avoir vu toutes les étoiles du Royal Ballet défiler dans ce rôle.

Deuxième agréable surprise avec Claire Gandolfi, qui d’abord attire l’œil en se « promenant » dans l’imposée (là où tant de ses consœurs se contentent d’exécuter proprement les pas) puis en réussissant à se montrer convaincante dans la célèbre variation de Nikiya. Du lyrisme et un joli potentiel quand on pense qu’il s’agit là d’un répertoire d’étoile. Chapeau ! Le classement du jour semble toutefois avoir mis en avant la note technique plus que la personnalité artistique.

Déjà en tête des pronostics pour son premier concours, Hannah O’Neill place la barre un cran au dessus dans Célébration : elle est la seule à avoir réellement fait vivre la variation, par des épaulements et des impulsions de la tête et des mains, jusqu’à lui donner une toute autre dimension. L’ensemble sublimé par un magnifique coup-de-pied, un lever de jambe ravageur et un joli ballon. Coup de maître, sa variation de Gamzatti, presque trop propre, dans le pur respect du style Opéra, paraissait presque fade en comparaison...

Léonore Baulac, In the middle © Sébastien Mathé

Etait-il plus désavantageux de passer après Mlle O’Neill que de passer première ? La lettre D ayant été tirée au sort, Camille de Bellefon inaugurait la matinée. Judicieusement choisie, la variation ondulante de l’Océanide (extraite des Noces Fantastiques de Serge Lifar) met ses belles lignes en valeur. Le style néoclassique réussit également à Caroline Osmont qui propose une Cigarette pleine de caractère. D’autres ont choisi William Forsythe, avec plus ou moins de bonheur, plutôt plus pour Léonore Baulac qui prend la deuxième place du classement avec In the middle après un début de saison très réussi.

Résultats des Quadrilles :
1. Hannah O’Neill, promue
2. Léonore Baulac, promue
3. Leila Dilhac
4. Laura Bachman
5. Jennifer Visocchi
6. Alice Catonnet

Classe des Coryphées

Midi, les coryphées prennent le relais. Contrairement aux hommes, on voit nettement la différence de niveau chez les femmes, qui ont toutes cette féminité recherchée plus tôt. La variation de la Flûte extraite de Suite en Blanc en imposée demande d’ailleurs une compréhension du style et ne permet pas de se différencier par la technique pure. Toutes ont quelque chose à raconter et le niveau très homogène de la classe ne me permet pas de les différencier avant le passage des variations libres.

Sae Eun Park, seule promue alors que deux postes étaient ouverts – le jury n’étant pas parvenu à se décider pour la 2ème place – met tout le monde d’accord par sa technique superlative dans l’Automne de The Four Seasons. Letizia Galloni s’y montre également pleine de légèreté tandis que Lydie Vareilhes s’amuse sur le tamtam du Grand Pas de Twyla Tharp (qui a décidément des goûts réjouissants en matière de costumes et de musique). Aubane Philbert dévoile ses talents de tragédienne dans Clavigo (variation de Marie) et Marion Barbeau sa belle technique classique dans le Grand Pas classique de Victor Gsovsky.

Sae Eun Park, The Four Seasons © Sébastien Mathé

Charlotte Ranson est la seule à se lancer dans du contemporain en incarnant l’Élue du Sacre du printemps version Maurice Béjart. Un choc : la variation est longue et semble extrêmement difficile, surtout pour une danseuse rompue à la technique classique. Il faut dissocier le corps (l’effet obtenu n’est pas sans rappeler les cours de mime présentés lors des Démonstrations), sautiller sur un pied et garder de l’endurance pour l’explosion d’énergie finale, sans lâcher son auditoire du regard. Qui soupçonnerait une telle puissance sous ce physique de jeune fille en fleur ? Plus incroyable encore, l’absence de promotion, mais on n’est pas loin d’y voir une explication à l’indécision du jury.

Résultats des Coryphées
1. Sae Eun Park, promue 
Aucune majorité n’étant dégagée à l’issue du quatrième tour de scrutin pour la 2ème place,
le classement n’est pas effectué au-delà de la première place.

Classe des Sujets

Traditionnellement le moment le plus attendu du concours : le passage des solistes féminines en lice pour un poste de première danseuse. Pour la première fois en deux jours, le balcon s’est rempli, et les « parents de » qui nous avaient innocemment prêté leurs places au premier rang de loge les ont récupérées. Je n’assiste donc pas à la totalité des variations imposées (Raymonda, acte 1 de Rudolf Noureev), réservant les acrobaties en fond de loge pour les libres.

On commence en beauté avec l’Ombre des Mirages de Serge Lifar. Marine Ganio qui avait superbement interprété cette variation l’an dernier semble avoir fait des émules : elle aura été présentée trois fois par la seule classe des sujets. Inquiétante et tranchante sous la poigne de Sara Kora Dayanova, méconnaissable ; douce et apeurée avec Laura Hecquet ; évanescente avec Caroline Robert qui s’abandonne.

Autre chorégraphe favori du concours, Jerome Robbins, choisi par Charline Giezandanner avec le Printemps des The Four Seasons – radieuse et virtuose, mais peut-être justement trop printanière à cette période de sa carrière – et Héloïse Bourdon qui propose un travail tout en qualité de la 2nde variation de Other dances. A l’instar de Roland Petit, représenté par Aurélia Bellet en Carmen et la belle Sabrina Mallem en Esmeralda, il ne semble pourtant pas être le meilleur gage de réussite à ce stade du concours.

Amandine Albisson, La Bayadère © Sébastien Mathé

Qu’attend-t-on d’une première danseuse ? Plus qu’une double-pirouette ou un bel équilibre, c’est avant tout des qualités d’interprétation et une assurance en scène qui puisse donner envie au jury de lui faire confiance. Elle entre en scène et meuble l’espace vide, découvrant d’un regard les personnages autour d’elle et le drame noué à l’acte précédent. En récréant ainsi l’univers de La Bayadère sous les yeux du public, Amandine Albisson s’impose et confirme le statut que ses récentes prises de rôle lui avaient permis d’acquérir.

Résultats des Sujets :
1. Amandine Albisson, promue
2. Laura Hecquet
3. Aurélia Bellet
4. Charline Giezendanner
5. Héloïse Bourdon
6. Sabrina Mallem

Merci à toutes les danseuses pour ces instants de grâce !

08/11/2013

Concours du Ballet de l’Opéra 2013, 1e journée (messieurs)

Le concours de promotion, c’est un peu le nirvana des balletomanes. 3h de kif pur bonheur – pas forcément partagé par les artistes qui jouent leur carrière sur scène. Une démonstration du style dont les longues heures de représentation nous ont fait tomber amoureux, des variations soigneusement sélectionnées et travaillées des semaines en studio pour être présentées, en une occasion unique, devant les yeux d’une poignée de spectateurs privilégiés, parfois sans autre légitimité que leurs dons ou leurs relations (la plupart ayant été invités par procuration) ; c’en est pratiquement indécent. Percer le rituel du concours demande de la persévérance, bien éprouvée par ceux qui se cherchent encore une place le matin-même, mais que ne ferait-on pas pour le plaisir indescriptible de pénétrer le jour J dans cette salle pleine de ferveur, attentive et silencieuse.


Le jury entre en scène, le silence tombe et Brigitte Lefèvre sonne le glas la clochette. Seuls sept courageux quadrilles ont osé se lancer dans la terrible variation du Pas de cinq des « Pierres précieuses » de Rudolf Noureev (extraite de La Belle au Bois Dormant). Faut-il vraiment parler d’une variation ? Cela ressemble plutôt à une accumulation de difficultés techniques sans effet ni grâce, crispante même pour le public. Germain Louvet danse grand et avec panache, Hugo Marchand moins propre mais avec un beau placement tandis que Takeru Coste, toujours très personnel, s’illustre par de superbes sauts en vrille (pour les termes techniques, on repassera).

Hugo Marchand, La Belle au Bois Dormant © Sébastien Mathé

On souffle avec les imposées. A nouveau, Germain Louvet fait mouche avec la variation de Paquita qui posera tant de problème aux coryphées l’heure suivante ; il sera d’ailleurs le seul à la réussir proprement, souple et précis. Hugo Marchand donne à voir une belle énergie dans Tchaïkovski Pas-de-Deux, au détriment d’Antonin Monié qui a fait le même choix, pourtant musical et sûr. On remarque la petite batterie de Florent Mélac en priant mentalement pour qu’il réussisse à se détendre lors de ses prochains concours. Cyril Chokroun est plein d’allant mais un peu imprécis, Antonio Conforti encore trop sage se fait plaisir pour son premier concours avec la romantique entrée en scène de Roméo.

Pause, le temps de croiser les doigts ses favoris et d’échanger les pronostics. Une blogueuse s’isole pour tenter de capter un peu de réseau, une autre reprend des forces (l'expérience du concours s'avère kinesthésique pour certaines). 11h, sonnerie, direction la salle où tout le monde joue aux chaises musicales ; changement de loge, chuchotis agités en direction des danseurs étoiles installés au balcon et retour du jury.

Le grand pas de Paquita par Pierre Lacotte donne bien du fil à retordre aux coryphées : tous réussissent à faire frissonner le public au moins une fois, qu’il s’agisse de vaciller pendant la pirouette ou de manquer de s’étaler pendant la dernière ligne de tours en l'air (l’un de ces enchaînement qui donne l’impression d’être raté même lorsqu’il est exécuté à la perfection), terminée sur un genou. Axel Ibot se rattrape de justesse, il y a main pour Hugo Vigliotti et Sébastien Bertaud jette les deux bras en l’air dans un V prémonitoire. Matthieu Botto est le seul à s'en tirer avec les honneurs.

Sébastien Bertaud, Paquita © Sébastien Mathé

A ce niveau, les variations libres sont l’occasion de se différencier. Je ne suis pas totalement conquise par le Frollo de Yvon Demol ni par L’Arlésienne d’Alexandre Gasse, mais cela n'enlève rien à la joie de revoir ces extraits. Si la belle technique d'Axel Ibot dans la 1e variation de Dances at a gathering ne me touche pas, j'apprécie la légèreté de Maxime Thomas dans la 2nde variation. Grégory Dominiak propose une Télévision pleine de poésie, Mickaël Lafon et Jérémy-Loup Quer s’affrontent avec bravoure dans Solor sans que l’un ou l’autre ne justifie le choix d’un solo aussi difficile. Mathieu Botto est trop très précis en Rothbart, sans réussir à me charmer (mais à me déconcentrer tout à fait, sachant qui était dans la salle).

Vient le moment de se faire plaisir avec d’abord Hugo Vigliotti et Le rire de la Lyre de José Montalvo. C’est peu dire que la variation lui va comme un gant : après l’avoir vu briller dans les spectacles de 3e étage la saison dernière, plus personne n’ignore le talent de ce jeune danseur, qui montera un jour ou l’autre. Quelques sauts virtuoses et le voilà reparti avec le rire de la salle comme un pied de nez à l'interdiction des applaudissements. Au tour de Sébastien Bertaud de s’emparer de la scène avec Push comes to shove : intelligence de l’espace, vélocité, drôlerie pleine d'esprit, on en arrive à regretter que le concours n’aie lieu qu’une fois par an. Adrien Couvez clôt la matinée avec un autre extrait de Twyla Tharp, un peu en deçà de son niveau habituel en contemporain.

Axel Ibot, Dances at a gathering © Sébastien Mathé

Midi, le Palais Garnier se désemplit en direction des restaurants japonais du coin. Ça pronostique à tout va, tout le monde voudrait y croire mais plus personne n’ose encore y penser. Quelqu’un évoque pour la 10e fois de la journée le Frollo de l’Eternel Oublié il y a quelques années, d'autres s'étonnent que tant de danseurs aient osé Robbins sous les yeux de l'expert du genre (si les danseurs de l'Opéra sont l'élégance incarnée, c'est parfois au détriment du style). Les billets continuent de passer de main en main et il faut déjà regagner sa place pour assister au passage des sujets.

Après les ravages causés par les imposées du matin, la variation d’Albrecht permet à tous les danseurs de s’exprimer. Florimond Lorieux bat ses assemblées avec conviction (« clac-clac ») et m’entraîne avec un très beau manège dans une romantique variation de Dances at a gathering, malheureusement trop simple pour passer premier danseur. Allister Madin est léger mais manque peut-être de netteté dans Other Dances. Seul Arepo de la journée, mais pas l’extrait qu’on attendait, Marc Moreau se laisse un peu dépasser par la technique, à l’instar de Yannick Bittancourt dans la Mazurka de Suite en Blanc. Julien Meyzindi joue la carte du drame avec La maison de Bernarda en libre.

François Alu, Giselle © Sébastien Mathé

Héros parmi les non-promus, Fabien Révillon surprend tout le monde avec un incroyable enchaînement de tours et une série de sauts à n’en plus finir dans Donizetti Pas-de-Deux. Daniel Stokes nous embarque avec sa variation de Frollo, avant le magistral Fantôme de l’Opéra de François Alu, interprète rêvé des chorégraphes. Incroyable de précision, rien qu’à sa manière de glisser sur le sol, le jeune homme exécute à la perfection des sauts improbables (« on s’élève, on reste suspendu en l’air, et seulement après on bat ou on vrille, cela va de soi ») suivis de réceptions silencieuses ou de cinquièmes impeccables. Il se fait pourtant voler la vedette par Pierre-Arthur Raveau qui prend la tête du classement grâce à un superbe Albrecht – amplitude, élévation, souplesse, lyrisme... – et une libre très technique (Marco Spada).

Pierre-Arthur Raveau, Marco Spada © Sébastien Mathé

Le rideau tombé, il est temps de contourner le bâtiment pour attendre les résultats, qui ne tardent pas à arriver. A la surprise générale, ceux-ci s’avèrent... sans surprise, en accord avec les prestations du jour. Le non-évènement, c’est la promotion attendue de François Alu et Pierre-Arthur Raveau, qui viennent renforcer les rangs des potentiels étoilables ; l’évènement « OMG », c’est la promotion de Sébastien Bertaud, que tout le monde attendait depuis des années sans plus oser y croire – pas plus que le principal intéressé. François Alu sort sous les applaudissements, Benjamin Millepied prend la mesure de ce qui l’attend dans un an depuis le 1er étage, tout le monde se félicite, et la journée des passionné(e)s se termine autour d’un chocolat chaud dans une ambiance curieusement apaisée pour un soir de concours.

Un grand merci à tous les danseurs pour ces beaux moments.

18/10/2013

Le Royal Ballet sur grand écran

Vous êtes fan de Carlos Acosta, Natalia Osipova, Frederico Bonelli ou Marianela Nuñez mais vous ne pouvez pas vous déplacer à Londres ? Le Royal Ballet vient à vous. Depuis 2011, la compagnie multiplie les diffusions de spectacles en direct au cinéma, en plein air en Grande-Bretagne et dans les salles obscures du monde entier. J’étais dans la salle lors de la première captation, sur les bancs que l’on aperçoit juste au dessus de l’orchestre, à seulement quelques mètres du rideau de scène par lequel Monica Mason (ancienne directrice de la compagnie) est apparue pour prendre la parole sous le regard des spectateurs internationaux.

Marianela Nuñez, Don Quichotte © Johan Persson

Quelle étrange idée, me direz-vous, d’aller voir un ballet au cinéma alors qu’il coûte moins cher d’acheter une place de dernière catégorie à l’Opéra (à partir de 10€ à Garnier, 5€ à Bastille). Les diffusions sur grand écran présentent pourtant certains atouts : l’opportunité de voir des compagnies étrangères, l'angle de vue imbattable, ou encore la distance, car si Londres peut sembler la porte à côté dès lors qu’on maîtrise les tarifs de l’Eurostar, la salle de cinéma du coin reste plus facilement accessible. Mais j’ai été encore plus surprise d’entendre des amis parisiens qui n’avaient jamais mis les pieds à l’Opéra m’expliquer qu’ils iraient plus volontiers au cinéma, quitte à payer plus cher, jugeant le contexte moins intimidant.

Il fallait tester : après avoir vu Paris de Londres il y a 2 ans en Angleterre, j’ai fait le chemin inverse mercredi soir... et l’expérience s’avère assez incroyable. En quelques minutes – après les bandes-annonces des prochains spectacles de la saison – les stars de la soirée nous souhaitent la bienvenue en personne, superbe accent latino et grand sourire aux lèvres. Nous avons droit à une présentation de l’œuvre par le chorégraphe et le chef d'orchestre puis à une visite guidée dans les coulisses des répétitions (sous-titrée en français) avant de rejoindre en live le grand auditorium du Royal Opera House, à quelques secondes du début de la représentation.

Toreadors, Don Quichotte © Johan Persson

Si vous vous demandiez si les danseurs sont aussi beaux de près que de loin, la réponse est oui. La fraîcheur de la compagnie anglaise, l’énergie des jeunes solistes et les jeux de scène endiablés nous transportent en un instant à Londres – pardon, Séville, où se situe l’action du ballet Don Quichotte. Carlos Acosta et Marianela Nuñez rivalisent d’espièglerie et de virtuosité : si les solos varient peu de la version originale ou de celle de Noureev, déjà vue à Paris la saison dernière, les ensembles sont remaniés pour apporter plus de réalisme. Les cris de joie des toréadors, la fougue de Ryoichi Hirano en Espada, la sensualité de sa partenaire Laura Morera, le Gamache délicat de Bennet Gartside et de drôles de dryades en tutus cotonneux complètent le tableau.

Lorsque le rideau tombe, on est presque surpris d’entendre le public parler français ! Ne manquez pas les prochaines diffusions de la compagnie : un Casse-noisette plein de féérie pour les enfants le 12 décembre, une Giselle romantique et aérienne le 27 janvier, La Belle au Bois Dormant le 19 mars et la nouvelle création de Christopher Wheeldon, qui après son Alice au Pays des Merveilles mettra en scène Le Conte d’hiver de Shakespeare, le 28 avril. Pour plus de détails sur la saison du Royal Ballet, c’est par ici ; la liste des cinémas participant dans toute la France est disponible sur le site Akuentic.

11/10/2013

Soirée des adieux d'Agnès Letestu

Sous une pluie de paillettes, la dernière étoile Noureev de l’Opéra de Paris a tiré sa révérence hier soir. Propulsée sur le devant de la scène par la star de la danse alors qu’elle n’était encore que Sujet, elle atteindra le sommet de la hiérarchie à 26 ans après une représentation du Lac des Cygnes, son ballet fétiche. Sa grande taille (1m77), son élégance et son partenariat avec José Martinez feront d’elle l’une des vedettes de la troupe : ils enregistrent de nombreux DVDs (Le Lac, Paquita, Cendrillon, Joyaux...) et partagent la scène jusqu’aux adieux de l’étoile espagnole en 2011. Last but not least, elle tenait le rôle-titre de La Sylphide la première fois que je suis venue à l’Opéra Garnier.

© Steve Murez

Ces soirées d’adieux ont toujours un goût particulier. Tout le gratin est là, comme ne manquent pas de le remarquer mes compagnons de loge ; tous les amoureux de la danse aussi, pour ne pas rater l’occasion d’applaudir une dernière fois l’étoile qui les a si souvent fait voyager. Les ouvreurs vendent avec le programme le poster-souvenir édité pour l’occasion et accordent avec parcimonie les fiches de distribution que l’on gardera précieusement dans les archives. Les vieux habitués disposent les bouquets de roses que l’on lancera aux saluts depuis les loges proches de la scène, tandis qu’au paradis, les plus jeunes préparent les appareils photos et échangent fébrilement des tweets pour vérifier que tout le monde est bien en place.

L’adaptation de La Dame aux Camélias par John Neumeier manque de laconisme, de sens dramatique et de musique symphonique. Prenez un instrument froid et imposant comme le piano ; ajoutez-y la rigoureuse technique néoclassique du chorégraphe d’une compagnie allemande et deux étoiles dont on cherche toujours le feu sous la glace, vous risquez une chute brutale des températures, en parfait accord avec la météo du jour. Menées par Léonore Baulac, vive et charmante, les courtisanes font chavirer les cœurs dans les robes chamarrées de Jürgen Rose alors que Des Grieux et Manon s’épanchent au milieu des soupirants en fanfreluches (on rêve de voir Eve Grinsztajn et Christophe Duquenne, pleins de douceur et d’abandon, reprendre ces rôles dans la version MacMillan la saison prochaine).

Agnès Letestu et Stéphane Bullion © Opus Arte

Malgré la passion que leur insuffle le couple principal, métamorphosé, les pas-de-deux acrobatiques finissent par tous se ressembler, desservis par la musique répétitive. Stéphane Bullion, spectateur impassible de la première scène, se révèle explosif dans son solo désespéré après le départ de Marguerite. Agnès Letestu déploie à ses côtés tous ses talents d’actrice : minaudant auprès de ses admirateurs, écrasante de présence dans sa confrontation avec M. Duval (Michaël Denard), petite chose fragile et fatiguée après l’attitude outrageante du fils. Le final survient si brusquement qu’on est surpris de voir le rideau tomber, sans laisser le temps à l’émotion.

Une loge proche de la scène, c’est l’occasion d’entr’apercevoir les détails qui brisent l’illusion du spectacle mais font tout le charme de ces soirées à l’Opéra. Un geste mesuré pour relever une robe pendant un porté ou retenir une mèche de cheveux, la brève inquiétude d’une main qui cherche celle de son partenaire, un regard vide ou au contraire l’œil chaleureux de la courtisane épanouie qui a quitté les planches de Garnier pour celles du Théâtre des Variétés. Les dernières recrues du corps de ballet attirent déjà l’attention, tant dans les scènes jouées que lors du bal sur les Champs-Elysées. En coulisses, c’est l’effet second degré de voir Marguerite observer Armand clamer son désespoir et les ardeurs des courtisans de Manon (sexys en diable) s’éteindre sitôt hors de vue.

Agnès Letestu et Stéphane Bullion © Opus Arte

Mais une loge proche de la scène, c’est aussi l’expérience fort déplaisante de côtoyer les petits propriétaires de la maison. Rencontrez de jeunes passionnés : ils vous expliqueront comment obtenir des places à moindre coût, passeront l’entracte à vous raconter l’histoire et vous affoleront par leur degré de fanatisme. Heurtez-vous à de vieux habitués : plutôt que de partager, ça préfère mentir délibérément (« Ici ? Ah non madame on ne voit rien du tout – c’est bien la raison pour laquelle nous occupons cette loge depuis 40 ans »), ça cause people (« Oh il y a Manuel et Platel ! J’ai croisé José en bas. Tu as vu Benjamin ? »), raciste (« Je suis allée voir Le Lac des Singes au Châtelet la semaine dernière [rire général] ») et faux-culs (« Quelle surprise de vous voir ici ce soir ! Regardez, nos amis (sic) sont en face. Savez-vous qu’elle a piqué une crise en sachant qu’elle ne serait pas au premier rang ? Moi j’aurais été bien contente d’être à sa place ») ; ça commente à voix haute, ça ne lâche pas un applaudissement de tout le spectacle, ni pendant les 20 minutes d’ovation, mais ça crie bravo lorsque la salle se rallume (« Tu crois qu’Agnès m’a entendu ? ») ; ça se met debout devant (et pire, sur) vous sans aucune gêne et ça réprimande vertement les pauvres touristes qui ont payé leur place au 1er rang s’ils tentent de se joindre à la standing ovation (« Pardon monsieur, asseyez-vous, on ne voit plus, enfin ! »). Un cauchemar.

Soirée des adieux d'Agnès Letestu © Blog A petits pas

C’était la dernière de La Dame aux Camélias, et la première de ma saison 2013-2014. Dans les grands escaliers, ce soir-là, on a pu entendre une spectatrice confier à son amie : « C’est la première fois que je viens ici, tu sais ? ». Il y a quelques saisons, c’était la première fois pour moi aussi : perchée en 3èmes loges de côté, accoudée et inconsciente de déranger plus d’un balletomane amateur de fonds de loges, j’avais eu l’impression étrange de découvrir un univers que je connaissais déjà, le coup de foudre ayant eu lieu plusieurs années auparavant, sans avoir jamais vu aucun spectacle. Je ne me doutais pas du monde que j’allais rencontrer, et je vous laisse imaginer l’amusement à lire, des années après, ce qui se disait sur les forums à l’époque : l’impression de remonter le temps et de croiser les regards, les expériences, la mienne et la longue histoire des balletomanes. Avec le départ d’Agnès Letestu, une page se tourne pour l’Opéra, mais le livre continue de s’écrire.

27/09/2013

Cygnes chinois au Châtelet

25/09

« Qu’est-ce que c’est que ce truc ? » est devenu la question habituelle à chaque fois que j'ai une place pour le Théâtre de la Ville entre les mains. «Pourquoi ai-je encore été réserver ça ?» : problématique d’autant plus cruciale lorsque le titre est en allemand et que je réalise avec horreur que le spectacle n’est même pas classé dans la catégorie danse. Miracle, cette fois-ci la série est complète et je n'ai aucun mal à trouver un repreneur à quelques heures de la représentation. Sans perdre de temps, direction la billetterie du Théâtre du Châtelet : 4 minutes avant le lever du rideau, je décroche une place royale pour la première du Lac des Cygnes avec le Ballet national de Chine. De quoi inquiéter la balletomane soucieuse de l'avenir du ballet en France, mais pas l’amatrice de navets sentimentaux.


Voyez-vous, le Lac pour une balletomane, c’est un peu comme une énième soirée devant Love Actually. On connaît déjà les personnages : Odette, la blanche colombe effarouchée par Siegfried, le bellâtre incapable de la différencier d'Odile, son double maléfique manipulé par Rothbart, le sorcier qui s’apparente tantôt à un crapaud difforme tantôt à un précepteur mystérieux et irrésistible (chez Noureev). On connaît l’histoire : ne serait-ce pas d’ailleurs une raison suffisante pour la pimenter un peu ? La version Makarova du ballet a beau être harmonieuse et parfois même intéressante du point de vue chorégraphique, on attend plus aujourd’hui qu’une interprétation littérale des amours contrariées de Siegfried et Odette. Le mélange entre le détachement de l’étoile féminine et la propension à la caricature de son partenaire détonne ; on se passerait également de l'accumulation de poses « clichés ».

Le premier acte se joue dans la cour du château. Un prince si léger qu’il semble à peine toucher le sol boit à sa santé avec ses amis quand débarque un second prince, une tête de plus que lui, coiffure « pop » (dixit Amélie). On croit à un gag, cela fait irrémédiablement penser aux Trocks, et les perruques de la flopée de courtisanes arrivée en même temps n’aident pas à garder son sérieux. Le pas-de-trois est dansé avec virtuosité, les petits cygnes (qui remportent le plus beau succès de la soirée) sont obstinément en-dedans, les ensembles parfaits mais curieusement maniérés. La touche Ashton, également crédité comme chorégraphe, ne fait malheureusement pas sens sans le style et la tradition des compagnies anglaises. Les épaulements apparaissent ici superflus, voire dérangeants lorsqu’ils ne sont pas effectués avec la même orientation par les cygnes alignés.


Après un acte blanc sans profondeur, retour au faste pour la birthday party du prince qui tourne à la catastrophe sitôt les fouettés baladeurs exécutés. La coda est sacrifiée, la pantomime jouée à contretemps et sans aucun rapport avec la musique, qui parle pourtant d’elle-même. Certains critiques s'enfuient à l’entracte, les blogueuses en profitent pour leur piquer leur place, et c’est parti pour le final, qui n’échappe au ridicule que par la platitude de l’interprétation. Le Ballet de Chine, accueilli en tournée au Palais Garnier il y a quelques années, est une excellente compagnie qu’il ne faudra surtout pas manquer dans Le Détachement féminin rouge la semaine prochaine. A moins de ne le voir pour la première fois, vous pouvez cependant éviter de vous noyer dans ce Lac.

Le Ballet national de Chine, à voir au Théâtre du Châtelet dans Le Lac des Cygnes jusqu'au 29 septembre puis dans Le Détachement féminin rouge du 1er au 3 octobre.

07/08/2013

Le Royal Ballet à Monaco

Le Royal Ballet démarrait cette année sa tournée d’été par une étape à Monaco, avant de s’envoler vers Tokyo. La compagnie londonienne apportait à la cité monégasque une œuvre phare de son répertoire, L’Histoire de Manon du chorégraphe Kenneth MacMillan, pour quatre soirées aux distributions prestigieuses. Toutes les stars de la compagnie avaient fait le déplacement : ce samedi 29 juin, les étoiles Steven McRae et Roberta Marquez assuraient ainsi la matinée, tandis qu’Edward Watson et Mara Galeazzi – qui faisait ses adieux à la compagnie – clôturaient la série le soir. Dans des conditions paradisiaques (eau cristalline, casino, couleurs du Sud...), Cams et moi avions fait le déplacement, profitant du passage de la troupe pour découvrir la ville.


Entre la piscine de l’hôtel et la plage, direction le Grimaldi Forum pour la première représentation de la journée. Bonne surprise, nous sommes replacées d’office dans les premiers rangs de l’orchestre, le balcon où nous avions pris nos places ayant été fermé, faute de spectateurs. Les amis anglais que nous retrouvons sont étonnés du faible taux de remplissage : nous leur expliquons que le ballet est sans doute moins populaire en France qu’il ne l’est à Londres, où on ne peut faire un pas dans le métro sans tomber sur des affiches de danse. « Mais Carlos Acosta est célèbre ! » Pas assez apparemment ; à moins que ce ne soient les tarifs trop onéreux qui aient découragé les touristes (pourtant fortunés, à en juger par les robes scintillantes et les escarpins vertigineux).

Le compte-rendu du spectacle est à lire sur le blog Danses avec la plume.

27/03/2013

Eleonora Abbagnato, étoile de style

Entrez le nom d’Eleonora Abbagnato sur Google et vous verrez apparaître une série de clichés issus de magazines people, une page Wikipédia la présentant comme « danseuse et actrice italienne », un blog sur Skyrock et un article dans le Vogue italien. Les suggestions du moteur de recherche la disent enceinte et mariée à un certain Federico Balzaretti, footballeur de son état. La page Opéra de Paris arrive après, l’époque où la première danseuse évoquait son désir d’accéder au sommet de la hiérarchie dans le documentaire À l’École des Étoiles semblant déjà ancienne. Essayez d’imaginer que Mathilde Froustey, autre héroïne du film, n’était alors qu’en première division !

Des écueils techniques, des absences à répétition, un début dans le mannequinat, une autobiographie (Un angelo sulle punte) suivis des joies du mariage et de la maternité auront tenu la belle Sicilienne éloignée des planches assez longtemps pour qu’on en oublie qu’elle fut un temps d’un des espoirs du Ballet. Son retour dans Sérénade de Balanchine avec une présence scénique et un brio indemnes en septembre dernier lui a permis de montrer qu’on aurait eu tort de ne plus compter sur elle. Dans le rôle difficile de Carmen, que lui avait personnellement confié Roland Petit, elle donne ces jours-ci une leçon de style sur la scène du Palais Garnier, qui pourrait bien se terminer en beauté ce soir.

Eleonora Abbagnato, saluts de Sérénade © Blog A petits Pas

Représentation du 24/03 (matinée)

Certains d’entre vous jouent peut-être du piano : instrument académique, froid et imposant, il se prête facilement à la comparaison avec la danse classique. Vous aurez sans doute remarqué, si vous n’êtes pas un soliste accompli, qu’il existe au moins deux manières d’aborder une partition difficile. La première consiste à appliquer platement la composition sur les touches, en s’efforçant de le faire proprement. La seconde, réservée aux mauvais joueurs, consiste à ne marquer que les accents : certes, quelques notes risquent de passer à la trappe, mais au moins le rendu sera vivant et pourrait même rendre un plus juste hommage à la musique de départ aux oreilles de vos auditeurs.

Il en va de même en danse. Si vous avez vu Carmen avec Ludmila Pagliero et Stéphane Bullion, considérez que vous n’avez pas vu l’œuvre de Roland Petit. Vous en avez vu un brillant déchiffrage, en aucun cas une interprétation. Eleonora Abbagnato, dont on peut dire qu’elle sait soigner chacune de ses apparitions, se saisit du rôle de la gitane avec fureur et justesse. Dès l’entrée en scène, les deux interprétation divergent : là où Ludmila Pagliero s’amuse, un éternel sourire en coin, radieuse de choquer et d’être le centre de toutes les attentions, Eleonora Abbagnato jette son adversaire à terre avec une hargne qui n’a rien de gracieux et s’approche des hommes la rage d'une prédatrice.

Eleonora Abbagnato, Carmen ©Julien Benhamou

Dans le rôle de Don José, Nicolas Le Riche nous montre que placidité ne rime pas forcément avec insipidité. Plein de tension intérieure, contrairement à Stéphane Bullion qui peine encore à exprimer lisiblement les sentiments des personnages qu’il incarne, il tient tête à sa partenaire sans se départir de son stoïcisme. Faisant le meilleur usage d’une chorégraphie parcimonieuse, il intimide d’un coup de menton, séduit d’une pirouette et réussit même à en imposer dans des figures de caractère espagnoles qui seraient ridicules autrement. Le claquement de doigts par lequel il répond aux claquettes de pointes de sa partenaire n’a rien d’anodin, c’est un moyen de la mettre en garde et de poser des limites, traduites aussi par la façon dont il la retient en équilibre.

Le pas-de-deux de la chambre est l’occasion pour la belle cigaretière de marquer son territoire. Elle n'a d'yeux que pour son partenaire, qu’elle ne lâche pas du regard tandis qu'elle parade pour l'attirer à elle. Comme me l'avait confié Anaïs Chalendard, pour danser Carmen il faut savoir « parler avec ses pieds ». On comprend tout de suite ce qu’elle a voulu dire : ici les jambes ont leur propre langage et s’entremêlent avec celles de son partenaire masculin dans un frottement suggestif. L’étoile argentine est plus adroite, sa fuite en fond de scène laisse entendre un concert de petits battements virtuoses ; la première danseuse ne marque que les accents essentiels.

Eleonora Abbagnato et Nicolas Le Riche, Carmen © Julien Benhamou

Lorsqu’elle monte sur pointes à la seconde, Ludmila Pagliero nous dit « Regardez-moi ces jolies jambes ! » – et qu’elles sont belles en effet, au point qu’on n’emporte que ce souvenir en sortant de la représentation – tandis qu’Eleonora Abbagnato exécute cette position pour dominer et prendre le pouvoir sur Don José. Tout au long du ballet, elle s’assure qu’il ne la quitte pas des yeux, à tel point qu’on se demande à quel moment elle va se jeter sur lui pour le dévorer. C’est ce qui finit par arriver à la toute fin, après qu’elle l’ait trompé avec un toréador (il faut regarder les groupies d’Escarmillo se dépiter lorsqu'il envoie un baiser à Carmen, c’est à mourir de rire), à ceci prêt que le temps s’arrête et que la passion la consume avant même qu’elle n'ait pu se rendre compte de ce qui lui arrivait.

Au regard des distributions de Carmen, le spectateur ignorant peut s’étonner de l’absence de Mathilde Froustey, qui en a présenté à plusieurs occasions des extraits lors du concours de promotion. Soliste dans Sérénade aux côtés d’Eleonora Abbagnato en septembre, la jeune danseuse a fait son chemin depuis l’École de Danse, assurant plusieurs fois des rôles principaux en France et à l’étranger, représentant sans relâche et avec panache l’Opéra de Paris lors de galas hors les murs. Deux destins croisés qui laissent penser que danser tous les soirs et tous les rôles n’est peut-être pas la solution la plus efficace pour devenir Étoile à l’Opéra de Paris.

Eleonora Abbagnato et Nicolas Le Riche le 27/03 © Elendae

Edit 28/03 : Comme annoncé dans la journée d'hier, Eleonora Abbagnato a été nommée Etoile à l'issue de sa dernière représentation de Carmen. Des vidéos de la soirée et de la nomination sont à voir sur la chaîne YouTube Operagot, de magnifiques photos sur le compte Instagram d'elendae_paris et le blog A petits Pas.

Le public des habitués n'a pas tardé à réagir, retrouvez les réactions sur le forum Dansomanie, les blogs danse-opera, Chroniques d'un petit rat parisien et La Loge d'Aymeric. Danses avec la plume apporte également son avis « palpitant » et ses interrogations sur cette nomination tardive.

Toute la presse avait aussi été conviée : Le Figaro, Paris Match, Le Point, BFM TV...

En bonus : le final d'hier soir (un grand merci aux paparazzi des fonds de loges !)

16/03/2013

Soirée Roland Petit à l’Opéra de Paris

15/03, Palais Garnier

Les soirées se suivent et ne se ressemblent pas. Après la ferveur du gala Noureev, on retrouve le Palais Garnier vide et endormi pour la première de la soirée Roland Petit. Le programme il est vrai n’était guère attrayant, avec la reprise de deux ballets sans intérêt majeur déjà donnés il y a 2 ans et des distributions un peu timorées, caractéristiques de l’exigence du chorégraphe (seulement trois interprètes de Carmen et certains rôles tenus par les mêmes danseurs tout au long de la série). Il sonnait cependant comme un hommage au grand homme disparu en juillet 2011 après avoir popularisé la danse au cinéma et marqué le répertoire de ses ballets dramatiques et théâtraux (en d’autres termes idéaux pour faire découvrir la danse à des débutants, à bon entendeur...)

I.Ciaravola, N.Le Riche, Le Rendez-Vous © Anne Deniau

Le Rendez-vous est un charmant ballet carte-postale : il dépeint un Paris romantique et typique, où de jeunes gens dansent serrés l’un à l’autre tandis qu’un bossu se fait conspuer (le virevoltant Hugo Vigliotti), jusqu’à l’apparition au bout d’un lent quart d’heure d’un jeune homme perdu dans ses pensées. C’est Nicolas Le Riche, qui fera ses adieux la saison prochaine et danse déjà à l’économie : quel dommage, lorsqu’on apprécie la qualité de sa danse sur la souplesse d’un grand jeté, de ne plus le voir que sur des pièces de théâtre dansées. Quelques minutes avant la fin, la plus belle fille du monde, un juste titre pour Isabelle Ciaravola, fragile silhouette juchée sur des talons de vamp, fait son apparition, le temps d’un pas-de-deux heurté, avant d’assassiner son partenaire et de se retirer nonchalamment.

Seconde pièce de la soirée, que vous ne pourrez donc éviter ni en arrivant en retard ni en partant avant la fin, Le Loup, une vieillerie aux décors bariolés façon Ballets Russes, qui narre en pas moins d’une demi-heure la passion d’une jeune fille (Laëtitia Pujol) pour un loup (Benjamin Pech), au désespoir de son fiancé (le beau Christophe Duquenne), qui la trompe de son côté avec une pulpeuse bohémienne (Valentine Colasante). WTF. Le plaisir de revoir Laëtitia Pujol, même dans le rôle d’une Brigitte Bardot niaise et éperdue, ou encore l’incrédulité devant les oreilles pointues de Benjamin Pech cède vite la place à l’ennui, si ce n’était pour les accents entraînants de la musique de Dutilleux : depuis les premières loges on aperçoit très bien l’orchestre Colonne, en nette évolution, dirigé par Yannis Pouspourikas.

Stéphane Bullion et Emilie Cozette, Le Loup © inconnu

La conception de la soirée a voulu qu’on garde le meilleur pour la fin, et quel plaisir de découvrir enfin la Carmen de Roland Petit sur la scène de l’Opéra de Paris. Cette fois les 45 minutes passent à toute allure, l’enchaînement rapide des scènes laissant à peine le temps aux techniciens de changer les décors et aux danseurs celui de reprendre leur souffle. J’avais déjà vu ce ballet il y a deux ans à l’English National Ballet, l’ouverture des compagnies anglaises m’ayant permis à l’époque d’assister aux répétitions dans les studios en compagnie des maîtres de ballet (Luigi Bonino et Jean-Philippe Halnaut, encore présent cette fois-ci), et j’en avais gardé par conséquent un excellent souvenir.

Les danseurs de l’Opéra de Paris n’ont pas la gouaille de leurs collègues de l’ENB (dont la vision ne cessait de se superposer à la scène hier soir, par un malicieux effet de persistance rétinienne) et l’attitude glaciale de la salle ne les encourage guère à donner leur pleine mesure aux jeux de scène qui suscitaient tant de réactions parmi le public à Londres, où le ballet a été créé en 1946. Heureusement que l’excellent trio de brigands : Allister Madin, Maxime Thomas et Caroline Bance, n’hésite pas à s’en donner à cœur joie pour faire vivre les scènes de groupe. Les groupies d’un Guillaume Charlot narcissique à souhait (mais encore trop sage) en toréador de pacotille ne manquent pas de comique.

A.Chalendard et D.Kraus (ENB), Carmen © Amber Hunt

Ludmila Pagliero fait sur cette série ses débuts en Carmen, aux côtés d’un Stéphane Bullion dont l’habituelle réserve sert la placidité de Don José. La joie de danser et de surmonter avec aisance les embûches techniques et l’endurance requises par ce rôle réputé si difficile ont peut-être occulté, lors de la première, le jeu d’actrice de l’étoile argentine. Carmen triomphe mais manque de rage, trop propre sur elle lors du pas-de-deux de la chambre, souriante jusqu’au milieu de la bataille finale. En s’efforçant de gommer parfois les passages les plus crus, des portés aux caresses suggérées par les pieds, on privilégie la joliesse sur la sensualité. Les prochaines représentations, moins guindées, devraient permettre aux interprètes de se lâcher un peu plus.

Soirée Roland Petit, du 15 au 29 mars à l’Opéra Garnier.

À lire : mon interview d’Anaïs Chalendard, soliste à l’English National Ballet, qui revient sur sa rencontre avec Roland Petit et sa prise de rôle en Carmen.

À découvrir, si vous ne l'avez encore jamais vu : la bande-annonce du ballet :

13/03/2013

Saison 2013-2014 du Royal Ballet

La saison 2013-2014 du Royal Ballet a été dévoilée ce matin en conférence de presse : entre grands ballets classiques, nouvelles productions et soirées contemporaines, le programme est chargé. « Les créations sont vraiment le cœur de la Compagnie. C'est très important de faire des classiques ; c'est important de nous souvenir de notre héritage. Mais les créations feront que la Compagnie continuera de se développer" a déclaré son tout nouveau Directeur, Kevin O'Hare. Que vous soyez amateur de classique ou de contemporain, quelles seront les soirées à ne pas manquer la saison prochaine ? Petit tour d'horizon.

L.Cuthbertson et F.Bonelli, Romeo & Juliet © Bill Cooper/ROH

Don Quichotte (nouvelle production) du 30 septembre (soirée de gala) au 6 novembre 2013
chorégraphie de Carlos Acosta d’après Marius Petipa, musique de Ludwig Minkus
« Carlos Acosta, Étoile invitée du Royal Ballet et l’un des meilleurs danseurs de sa génération, présente une nouvelle production de ce récit exubérant sur l’amitié, l’amour et la loyauté. »
Carlos Acosta c'est LA super-star du Royal Ballet. Danseur cubain à la technique ébouriffante, il fera dès la rentrée ses débuts de chorégraphe. On peut compter sur lui pour insuffler panache et virtuosité au ballet de Petipa.

Roméo et Juliette du 19 octobre au 7 décembre 2013
chorégraphie de Kenneth MacMillan, musique de Serge Prokofiev
« Une histoire tragique d’amants maudits par le sort : le ballet poignant de Kenneth MacMillan est un classique du 20e siècle. »
La production du Roméo & Juliette de MacMillan est un joyau du répertoire du Royal Ballet. Une partition magnifique, des pas-de-deux passionnés (spécialité du chorégraphe) et un casting de rêve, c'est l'un des ballets à ne pas manquer cette saison.

Chroma / création de David Dawson / Le Sacre du Printemps du 9 au 23 novembre 2013
chorégraphies de Wayne McGregor / David Dawon / Kenneth MacMillan
musiques de Joby Talbot / Greg Haines / Igor Stravinsky
« Un siècle de danse visionnaire – du chef d’œuvre de Stravinsky au début du 20e siècle à la chorégraphie innovante de Wayne McGregor et David Dawson. »
Premier « triple-bill » de la saison, ce programme réunira l'un des premiers ouvrages du génial / imposteur Wayne McGregor, peut-être l'un des plus aboutis, et une pièce-maîtresse de Kenneth MacMillan, mode tribal et orange-power. Une création de David Dawson, chorégraphe que je ne connais pas encore mais très apprécié par les danseurs et le public pour la sensualité de ses pièces, complètera la soirée.

Casse-noisette du 4 décembre au 16 janvier
chorégraphie de Peter Wright d’après Lev Ivanov, musique de Piotr Illich Tchaïkovski
« Le cadeau enchanté d’une petite fille l'entraîne dans l'aventure merveilleuse de ce ballet classique, accompagné par la musique pétillante de Tchaïkovski. »
Tradition de Noël exige, Casse-noisette reviendra sur la scène avec son lot de variations folkloriques, de fées bonbons et de princes emperruqués. Cette jolie production ravira les plus jeunes et replongera les adultes en enfance avec des effets spéciaux et des costumes très soignés.

Joyaux du 17 décembre au 7 janvier
chorégraphie de George Balanchine, musique de Gabriel Fauré (Émeraudes), Igor Stravinsky (Rubis) et Piotr Illich Tchaïkovski (Diamants)
« L’évocation par George Balanchine du brillant des émeraudes, des rubis et des diamants est un bijou en tant que telle. »
George Balanchine aurait eu l'idée de ce ballet devant une devanture de Van Cleef & Arpel... il en résulte un hommage aux trois principales Ecoles de danse : la française avec le romantique Émeraudes, l'américaine avec un Rubis de music-hall et la russe avec l'impérial Diamants.

Hansel et Gretel
en janvier
chorégraphie de Liam Scarlett
« Le premier ballet en plusieurs actes de l’artiste associé Liam Scarlett pour le Royal Ballet – une vision sombre et adulte d’un conte de fée classique. »
Liam Scarlett est le petit génie maison, auteur de plusieurs œuvres abstraites et d'un premier ballet narratif l'an dernier. L'opportunité lui sera donnée en mai 1013 de créer cette fois un ballet en plusieurs actes pour la Compagnie. On peut dire que le Royal Opera House sait faire grandir ses artistes.

Giselle du 18 janvier au 10 février
chorégraphie de Marius Petipa d’après Jean Coralli et Jules Perrot, musique d’Adolphe Adam
« Le plus grand ballet romantique – l’œuvre classique de Marius Petipa est un drame sur la trahison, les esprits surnaturels et l’amour qui transcende la mort. »
N'allez pas au Royal Ballet pour y admirer un corps-de-ballet homogène et des lignes impeccables. Mais courrez-y pour voir cette production de Giselle romantique et sombre, moins grandiose qu'à l'Opéra de Paris ou au Bolchoï mais plus dramatique, des willis vives et aériennes et d'excellents solistes. On se damnera pour revoir une dernière fois Alina Cojocaru et Johan Kobborg danser ensemble les rôles principaux.

Alina Cojocaru dans Giselle © Bill Cooper / ROH

Rhapsody / création de Wayne McGregor / Gloria du 7 au 15 février
chorégraphies de Frederick Ashton / Wayne McGregor / Kenneth MacMillan
musiques de Serge Rachmaninov / J-S Bach / Francis Poulenc
« Un hommage à trois chorégraphes déterminants du Royal Ballet : Frederick Ashton, Kenneth MacMillan et Wayne McGregor. »
Un court ballet de Frederick Ashton basé sur la virtuosité du couple principal, une nouvelle création de Wayne McGregor dont on aurait sans doute pu se passer mais il faut bien rentabiliser depuis qu'on l'a nommé artiste associé, et l'un des rares ballets sur la guerre, dans une production un peu datée mais qui n'en reste pas moins poignante.

La Belle au Bois Dormant du 22 février au 9 avril
chorégraphie de Marius Petipa, musique de Piotr Illich Tchaïkovski
« Un voyage avec le Royal Ballet dans le monde enchanté de princesses, maraines-fées et formules magiques du ballet classique de Marius Petipa. »
La plus longue série de l'année, pour mieux remplir les caisses et financer les nouvelles productions... l'occasion de découvrir les étoiles montantes de la compagnie dans le rôle de la princesse Aurore et de huer la méchante fée Carabosse avec un public qui a gardé son âme d'enfant.

The Winter’s Tale (création) du 10 avril au 8 mail
chorégraphie de Christopher Wheeldon, musique de Joby Talbot
« La première mondiale d’un nouveau ballet en plusieurs actes de Christopher Wheeldon d’après  l’œuvre bien connue de Shakespeare sur l’amour, la perte et la réconciliation. »
Après le succès d'Alice, il y a 3 ans, Christopher Wheeldon coopère de nouveau avec Joby Talbot pour adapter une tragicomédie de William Shakespeare. Un chorégraphe innovant, un compositeur fantasque et une « comédie à problème », le projet semble pour le moins intéressant et on a hâte de le découvrir, au moins au cinéma !

Sérénade / Sweets Violets / Danse à Grande Vitesse (en français dans le texte) du 14 au 26 mai
chorégraphies de George Balanchine / Liam Scarlett / Christopher Wheeldon
musiques de Piotr Illich Tchaïkovski / Serge Rachmaninov / Michael Nyman
« Un programme mixte fait de contrastes grisants, d’un sombre mélodrame victorien à un hommage à la modernité hi-tech. »
Pour les contrastes, vous serez servis : entre la douceur du ballet abstrait de Balanchine (donné à l'Opéra de Paris en début de saison), la noirceur du thriller de Liam Scarlett et l'excitant « DGV », d'après le titre de la partition créée au lancement du TGV, soirée montagnes russes en perspective.

Le Songe d’une Nuit d’Eté / création d'Alastair Mariott / Le Concert du 31 mai au 13 juin
chorégraphies de Frederick Ashton / Alastair Mariott / Jerome Robbins
musiques de Felix Mendelssohn / à confirmer / Frédéric Chopin
« Une création mondiale et deux chefs d’œuvre comiques composée une soirée charmante, pleine d'humour et de fantaisie »
On ne résiste pas au plaisir de voir les danseuses du Royal Ballet voleter en costumes de fées autour d'animaux en peluche, et on se réjouit à l'avance de voir les solistes de la compagnie s'emparer de l'oeuvre drôlissime de Jérôme Robbins avec leurs talents de comédiens. La création d'Alastair Mariott, chorégraphe contemporain et ancien danseur maison, demeure un mystère.

Draft Works en juin
« Expérimentez la danse dans sa forme élémentaire – les danseurs invités et ceux du Royal Ballet produiront leurs travaux en développement. »
A l'instar des Danseurs Chorégraphes de l'Opéra de Paris, les danseurs du Royal Ballet présenteront leurs « brouillons » sur la scène du Linbury au mois de juin. Pour en savoir plus sur cette démarche, qui a fait éclore un certain Liam Scarlett, lisez le compte-rendu d'une rencontre il y a quelques années.

Spectacle de la Royal Ballet School le 12 juillet
(programme à confirmer, généralement connu le jour-même)
« Une démonstration de la diversité du répertoire classique et contemporain par les élèves de la Royal Ballet School. »
Le spectacle de la Royal Ballet School n'a pas grand-chose à voir avec celui de l'Ecole de Danse de l'Opéra de Paris. A Londres, tous les élèves montent sur scène en fin d'année, même les plus jeunes, lors d'une série de représentations qui commence au Linbury et se termine par une matinée annuelle sur la grande scène du Royal Opera House. La représentation est clôturée par un Grand Défilé qui réunit tous les élèves sur scène devant un public en délire, frissons garantis.

En parallèle de la saison du Royal Ballet, de nombreuses troupes invitées, débutantes ou confirmées, tourneront au Linbury Theatre (une petite scène située sous le bâtiment principal). Le programme complet de la saison est disponible sur le site du ROH.

Pour vous aider à préparer votre voyage, suivez le guide : Comment aller voir un ballet à Londres ?

A vos agendas ! Si vous ne prévoyez pas de traverser la Manche, 5 ballets seront diffusés au cinéma en live cette saison : Don Quichotte le 16 octobre, Casse-noisette le 12 décembre, Giselle le 27 janvier, La Belle au Bois Dormant le 19 mars et The Winter’s Tale le 28 avril 2014.

Les temps forts de la saison en vidéo :


Et vous, quels ballets vous tentent le plus dans cette programmation ?