21/07/2012

La Fille mal gardée, dernière

Séance de travail du 14/06 (Zusperreguy / Magnenet / Houette / Madin) ;  Générale du 16/06 (Ould-Braham / Hoffalt / Phavorin / Valastro) ; représentations du 03/07 (Hurel / Carbone / Phavorin / Valastro) et du 15/07 (Froustey / Raveau / Phavorin / Alu)

C’était la dernière de La Fille mal gardée à l’Opéra de Paris, et c’était aussi la dernière représentation de la saison avant quelques semaines de congés bien mérités, ce qui explique sans doute l’ambiance de folie qui régnait sur scène et dans la fosse d’orchestre ce dimanche 15 juillet en matinée. Alors qu’une grande partie de la troupe s’est envolée pour une tournée estivale aux États-Unis, les petits jeunes profitent de l’absence de leurs aînés pour rafler les premiers rôles. Pierre-Arthur Raveau, monté Sujet au dernier concours de promotion, faisait ainsi ses débuts en Colas, aux côtés de la Lise mutine de Mathilde Froustey, habituée du ballet qu’elle a déjà dansé en France et à l’étranger, notamment sur la scène du Bolchoï.

Mathilde Froustey, La Fille mal gardée

La version pleine d’humour, de fraîcheur et de simplicité créée par Sir Frederick Ashton en 1959 semble en effet se prêter tout particulièrement aux prises de rôle, trop peu courantes ces dernières années où, climat de crise aidant, on préfère se reposer sur des danseurs ayant déjà fait leurs preuves. La bonne surprise de la série aura été la nomination de Myriam Ould-Braham le soir de la première, Étoile de cœur des spectateurs habitués de l’Opéra depuis de longues années. Son incarnation raffinée et spirituelle du rôle titre, alliée à la danse souple et virtuose de son partenaire Josua Hoffalt, en net progrès depuis la dernière reprise, en faisait le couple idéal et à ne pas manquer cette année.

Mais tout le charme de cette Fille réside aussi dans les personnages secondaires, le duo comique formé par la Mère Simone et le maladroit Alain, riche prétendant éconduit par Lise qui lui préfère le désargenté mais autrement séduisant Colas. Succédant interprétations poétiques, tendres ou irrésistibles de gaucherie de Simon Valastro, Adrien Couvez et Allister Madin, on a ainsi pu découvrir avec plaisir celle du jeune François Alu, danseur solide et très prometteur dont on présume qu’il aurait déjà pu briller dans le rôle principal si la stricte hiérarchie du Ballet ne l’empêchait pas de brûler les étapes. Stéphane Phavorin reprenait quant à lui les habits de la Mère et en profitait pour mettre le feu à la scène, n’hésitant pas à se dédoubler pour échanger des ragots avec elle-même dans la première scène puis à invectiver le public qui n’applaudit pas assez fort son numéro de claquettes.

Stéphane Phavorin © danse-opera

L’esprit de fête semble s’être propagé jusque dans la fosse, où les musiciens de l’orchestre de l’Opéra souriants, une fois n’est pas coutume, enchaînent les improvisations sous le thème principal, accompagnent la danse des sabots en tapotant leurs instruments et jettent des confettis lors du mariage final. Au début du pas-de-deux du pique-nique, le harpiste – celui-là même qui passait les répétitions juché sur son tabouret pour tenter d’apercevoir ce qui se passait sur scène – égrène les notes de Auld Lang Syne, sans doute en l’honneur du chef invité Philip Ellis. La musique enjouée de Louis-Ferdinand Hérold est soulignée par Hugo Vigliotti, virevoltant et aérien en joueur de flûte.

La salle très enthousiaste en ce dimanche après-midi s’esclaffe à chacune de ces bouffonneries. Beaucoup de touristes sont venus chercher le soleil sous les dorures de Garnier, à défaut de le trouver à l’extérieur en ce frileux mois de juillet, et c’est un comble quand on y pense que ce soit un chorégraphe anglais qui nous l’ait apporté. Reprise des festivités avec la soirée Georges Balanchine et le Défilé annuel le 26 septembre.

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