17/05/2012

Le Cannes Jeune Ballet au CNSMDP

10/05, CNSMDP

On nous avait d’abord annoncé l’Académie Vaganova mais c’eût été trop beau. À la place, le Conservatoire National Supérieur de Musique et de Danse de Paris a accueilli le Cannes Jeune Ballet de la fameuse École supérieure de danse de Cannes Rosella Hightower. L’excellente réputation de l’école a piqué ma curiosité et je me suis une nouvelle fois aventurée Porte de Pantin pour assister au spectacle (gratuit) intitulé Danse de Mai.
Petite Symphonie

Quatre œuvres contemporaines assez inégales et 17 jeunes danseurs aux physiques moins formatés que leurs camarades de l’Opéra pour 1h30 de représentation un peu longuette. Les élèves sont très bons mais guère servis par les chorégraphies sélectionnées par leur directrice Paola Cantalupo. Les 3 premières pièces sont assez simplistes, leur musiques ennuyeuses. Petite Symphonie de Davide Bombana semble s’étirer bien au-delà des 30 minutes indiquées : les 12 danseurs vêtus de maillots colorés enchaînent les moulinets de bras et les traversées de scène en courant sans qu’on comprenne vraiment quel est leur but, peut-être manquait-il un mode d’emploi avec le programme distribué par le CNSMDP.

Foudre de Claude Brumachon et Benjamin Lamarche n’est pas non plus aussi instantané que le suggère le titre. Sur des bruits d’eau puis un morceau électro de Moby, les 6 danseurs démontrent en binôme puis en groupe leur vivacité et leur art du ralenti. Leur endurance aussi, lorsque le chorégraphe les contraint à sauter sur place. L’extrait d’Opus 40 de Jean-Christophe Maillot qui s’ensuit m'évoque le jeu 1-2-3 Soleil après toute cette pluie : une jeune fille en tunique jaune est courtisée par 3 garçons. Au début léger et drôle – l’investissement des artistes fait plaisir à voir – le ballet perd de son intérêt à cause des gémissements de la bande son, à la limite du supportable.
1-2-3 Soleil Opus 40

Agréable surprise avec le dernier ballet de la soirée, qui me donne exactement l’impression inverse des précédents. Julien Ficely signe avec Beatwin une œuvre complète en seulement 15 minutes, qu’on aimerait bien voir figurer au répertoire de compagnies professionnelles. Les élèves du CJB, bien qu’à la hauteur techniquement, sont à mon goût un peu jeunes pour interpréter une œuvre qui réclame autant de séduction chez les filles, d’assurance chez les garçons. Ils sont en tous cas bluffants jusqu’au moment du strip-tease. La scénographie est très réussie : les rectangles lumineux allumés un par un, les jets de sable et les lignes qui forment les danseurs me rappellent l’ingéniosité d’un Jiří Kylián ou d’un Russell Maliphant. À moins que je ne me sois simplement laissée emporter par le superbe second mouvement de la septième symphonie de Beethoven....

(Ci-dessous le dernier ballet tronqué et différemment mis en scène pour vous donner une idée ; j'avoue l'avoir à peine reconnu...)


À lire : le compte-rendu d'Amélie

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