14/04/2012

Spectacle de l’École de Danse, promo 2012

11/04, Opéra Garnier

Chaque année, les Petits Rats de l’Opéra de Paris quittent leurs studios de Nanterre pour se produire sur la scène de l’Opéra Garnier à deux occasions : les Démonstrations en décembre, qui prennent la forme d’un cours public qui voit défiler toutes les classes, et le Spectacle de l’École de Danse au printemps, qui permet aux plus grands d’endosser les rôles du répertoire de l’École et de prouver qu’ils ont déjà l’étoffe de danseurs professionnels. Le programme de cette courte série de représentations varie peu : une pièce très classique, un court ballet narratif et une chorégraphie plus contemporaine pour finir. L’occasion d’apercevoir au cours d’une même soirée le plus d’élèves possible dans des œuvres très différentes, qu’on aimerait parfois voir figurer au répertoire de la compagnie.
Variations de Violette Verdy

Le spectacle de cette année débutait avec les Variations de Violette Verdy, ancienne danseuse et directrice de la danse à l’Opéra de Paris, créées spécialement pour les élèves de l’École de Danse l’année dernière, sur les Variations sur un thème de Paganini de Brahms. Quatre couples de danseurs, les filles en tunique à courte jupe de mousseline couleur pastel mettant en valeur des jambes interminables, les garçons très fins en académiques bleu marine, d’abord regroupés autour du piano, enchaînent ensuite solos, pas de deux et pas de trois. La chorégraphie met en valeur le travail de partenariat avec de nombreux portés, et l’aisance des jeunes filles, légères et souriantes. Elle décolle vraiment sur la fin, avec un très joli duo au cours duquel une danseuse en bleu effectue une série de petits pas sur pointes et donne l’impression de flotter – un instant de poésie suivi d’un silence attentif, rompu par les trois bravos sonores d’une vieille dame qui fait rire toute la salle. Toutes les danseuses reviennent en se déplaçant de la même façon pour un joli final très aérien.
Le Bal des Cadets de David Lichine

Le Bal des Cadets de David Lichine (1940) permet ensuite aux élèves de montrer leurs talents de mime, en particulier Alice Catonnet dans le rôle de la Fille aux nattes qui se révèle excellente dans ce registre, son partenaire Théodore Nelson à l’expression rêveuse, et à nouveau Roxane Stojanov, déjà présente dans le premier tableau, qui danse avec une belle aura. Un bataillon de cadets s’invite dans le pensionnat d’une nuée de jeunes filles délurées ; dans le dos de la Gouvernante et du Général, les historiettes se succèdent à un train effréné durant trois quarts d’heure, sur la musique enjouée de Johan Strauss Fils. Malgré la simplicité des décors – une rangée de chaises de part et d’autre de la scène, un rideau de fond – on s’y croirait tout à fait : jeux de séduction, compétition de fouettés (dans lesquels une jeune danseuse asiatique se montre particulièrement à l’aise), brillant solo d’un danseur au tambour (Pablo Legasa), les élèves s’en donnent à cœur joie pour notre plus grand plaisir.

Symphonie en trois mouvements

La dernière œuvre de la soirée, Symphonie en trois mouvements de Stravinsky, chorégraphiée par Nils Christe en 1983 ne se présente pas si facile d’aspect. Passer du registre comique au contemporain assez sombre n’a pas dû être évident pour les plus jeunes spectateurs, ni pour les plus âgés à en juger par les conversations entendues dans le métro après le spectacle, mais la programmation a le mérite de démontrer que la formation des élèves ne se réduit pas au classique et qu’ils savent également faire preuve de puissance en danse moderne. Les ensembles réunissant les 26 danseurs sont particulièrement impressionnants. Balanchine avait coutume de dire à propos de son ballet Rubis qu’il fallait voir Stravinsky dansé pour comprendre sa musique. Malgré la noirceur du thème, qui évoque un paysage de guerre, elle est ici lumineuse. Le professionnalisme des élèves, marqué par leur école – on ne danse pas le contemporain en France comme on le danserait en Angleterre ou en Russie – est à nouveau une bonne surprise.

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