31/08/2011

London 2010-2011 : a season treat

À une semaine du départ, je me mets à l’heure des blogs pour faire le bilan de ma saison londonienne. En un an, peu ou prou, j’aurai vu plus de ballets et de compagnies que je ne l’aurai jamais cru possible dans un laps de temps aussi court. De la tournée du Bolchoï à celle du Mariinsky, de l’American Ballet Theater au Dutch National Ballet, tout en passant la plupart de mes soirées entre le Royal Opera House et l’Opéra de Paris : retour sur un itinéraire à faire pâlir d’envie plus d’un(e) balletomane…

Je débarque sur le sol londonien en juillet 2010, après une longue série de Bayadères, trois grandioses Kaguyahime (soulagement de constater qu’un an après, je sais encore l’orthographier sans vérifier) et une Petite Danseuse de Degas que oui, décidément, je suis la seule à aimer. Après, surtout, ma première rencontre IRL avec des blogueurs ; rencontres qui tendront à se multiplier cette année, pour le plus grand agrément de nos soirées à l’opéra.

Retourner voir de la danse n’est pas vraiment ma priorité au moment où j’arrive, j’avais fait des réserves avant de partir, mais j’ai acheté un billet par mesure de prévention pour la Royal Ballet School (un de ces précieux stalls circle standing que les Friends s’arrachent avant l’ouverture des réservations au public général, obtenu tout à fait par hasard, ce qui me donnera une fausse idée de la facilité du processus de réservation). On replonge vite, du coup je reprends des places pour la tournée estivale du Bolchoï, une pour chaque date réunissant Natalia Osipova et Ivan Vassiliev. Le mois d’août sera également l’occasion de découvrir l’English National Ballet dans Cinderella.

En septembre, il est temps de prévoir des retours à Paris pour ne pas manquer le Défilé, la Soirée Roland Petit – je fait l’impasse sur Paquita, dommage – la première de Parzifal  et bien sûr le Gala des 30 ans de l’AROP. J’adhère aux Friends de l’ENB et au cercle Student Standby du ROH, c’est l’occasion de devenir une insider et de découvrir la profusion d’activités organisées ici pour rendre le ballet plus populaire : journées d’introduction, aperçus de répétitions, rencontres et classes publiques sont au programme, bien plus souvent que la fréquence de publication de ce blog n’a pu le laisser penser.

Le premier choc esthétique, je le reçois dès l’ouverture de la saison avec le couple Alina Cojocaru / Johan Kobborg dans Onegin. Une beauté à couper le souffle, renforcée par la délicatesse d’un orchestre qui touche à la musique de ballet comme si c’était un trésor (et non PAS comme pour actionner une sirène de pompier), grâce à un partenariat d’exception, capable de sublimer n’importe quel ballet – même la production maison du Lac des Cygnes, d’un goût pourtant douteux. Ne manquer aucune de leurs apparitions sur scène constituera bientôt un bon prétexte pour démultiplier mes visites au Royal Opera House.

Second choc, hormonal celui-là, le danseur noble ukrainien Sergei Polunin (et, moins bon danseur, mais divin en jupette, Rupert Pennefather) dans Sylvia. Si le ballet ne me convainc guère, je découvre qu’il y a de quoi se mettre sous la dent ici, et j’en oublie momentanément mes amours de groupie pour les danseurs de l’Opéra de Paris. J’aurai l’occasion de le revoir dans les nombreuses kitcheries d’Ashton et associés présentées par le Royal Ballet à longueur de saison, triples-bills mêlant chorégraphes contemporains et œuvres de Balanchine, ainsi que dans les merveilleux story-ballets dans lesquels la compagnie excelle : Giselle, Manon, et Roméo et Juliette.

Retour à Paris fin décembre pour mon premier Lac des Cygnes (j’en verrai encore quatre autres productions cette année, c'est-à-dire beaucoup trop) et la première rencontre interblogs ; retours à nouveau pour Caligula et la conférence sur Noureev, Coppélia, Rain et surtout Roméo et Juliette : j’en rêvais depuis des années, et on peut dire que j’ai été servie puisque l’English National Ballet aussi l’a dansé cette année. Le gala des Étoiles pour le Japon, le Bolchoï à nouveau, les Enfants du Paradis, encore un McGregor, et me revoilà sur Londres pour finir la saison classique en beauté avec un programme Roland Petit à l’ENB et la tournée du Mariinsky.

Ce qui est bien à Londres, c’est qu’une fois sortis de l’Opéra, il y a encore plein de salles à découvrir. Le Sadler’s Wells (et son petit frère, le Peacock Theatre) par exemple, plaque tournante des compagnies de danse du monde entier, où se côtoient grands et petits, et où l’on peut voir le meilleur comme le pire. Le London Coliseum, où se produit l’ENB, mais aussi de nombreuses compagnies invitées : les (dites) Saisons Russes de Diaghilev, la Troupe acrobatique Guangdong (et son Swan Lake circus) ou encore le couple Osipova / Vassiliev dans une production peu flatteuse du Roméo et Juliette d’Ashton. Le Royal Albert Hall et l’O2, immenses zéniths, lorsque le Royal Ballet ou l’ENB se lancent dans des opérations promotionnelles. Sans compter les studios de répétition du ROH et de Markova House (ENB) pour les innombrables séances Insight qui ont achevé de me combler cette année…


Un best-of pour conclure et résumer, les 10 spectacles marquants de l’année :

1- Onegin, Cranko, Royal Ballet, Cojocaru / Kobborg (9/10/10)
… pour l’interprétation par l’orchestre du magnifique patchwork de Tchaïkovski, et pour le partenariat juste sublime.

2- Giselle, Petipa, Royal Ballet, Cojocaru / Kobborg (5/02) et Polunin / Marquez (12/02)
… pour l’orchestre, encore ; l’immatérialité du premier couple et la noblesse du second.

3- Manon, MacMillan, Cojocaru / Kobborg (1/06) (si je vous lasse, allez vous rendre compte)
… pour MacMillan, qui chorégraphie des pas-de-deux à vous faire tomber à la renverse comme personne.

4- Roméo et Juliette, Noureev, Pujol / Ganio (29/02) pour l’Opéra de Paris
Muntagirov / Klimentova (5/01) pour l’English National Ballet, avec une mention spéciale pour le Mercutio tape-à-l’œil de Juan Rodriguez
… pour la richesse littéraire de la production et la profondeur des personnages.

5- Triple-bill Roland Petit, Berlanga / Takahashi, Vassiliev / Zhang, Cao / Reimar (22/07)
… pour la douceur de L’Arlésienne, la tension du Jeune Homme et la Mort et la sexytude de Carmen

6- Le Lac des Cygnes, Noureev, Opéra de Paris, Martinez / Cozette / Bullion (27/12/10)
… pour le jour où Martinez a su (enfin) me toucher
Note : là j’entends déjà les cris d’orfraies ; quoi, Cozette avant Lopatkina ? Eh bien oui, c’est bien la représentation qui m’a le plus touchée : je ne dénie en rien la supériorité de Lopatkina, mais en accaparant tous les regards, elle brisait l’équilibre et détournait le sens de cette production, comme chacun sait centrée sur le Prince. Ce qui m’importe le plus dans un ballet c’est l’harmonie, or Lopatkina c’est comme un gros diamant dans une rivière de perles ; je préfère une perle moins brillante mais qui s’accorde avec les autres. (Sauf quand le diamant s’appelle Cojocaru, hein, surtout pas de généralités…)

7- Spartacus, Grigorovich, Bolchoï, Vassiliev (31/07/10)
… pour sa puissance extraordinaire qui prend une tournure désespérée dans ce rôle.

8- Les Ballets Trockadéro de Montecarlo (19/09/10)
… pour le fou-rire non-stop d’un bout à l’autre de la soirée, depuis l’annonce que Miss Notgoodenough ne dansera pas au désespoir du prince blondinet qui ne sait pas ce qu’il fiche dans Chopiniana.

9- Cinderella, Bourne, New Adventures Productions (4/12/10)
… pas tant pour la danse que pour l’ambiance et le choix du contexte – on se retrouvait en plein Blitz à peine entrés dans la salle.

10- Alice in Wonderland, Wheeldon, Royal Ballet, Cuthbertson / Polunin (2/03)
… pour la musique enchanteresse, les décors fantaisistes, l’hilarant adage à la rose de la Reine et la plaidoirie ultra-romantique du Knave of Hearts*

Back dans mon coin perdu quelque part entre Paris et Londres, je verrai sans doute beaucoup moins de belles choses à partir de septembre ; mais vu la régularité à laquelle je les chroniquais de toutes façons, la différence ne devrait pas trop se faire sentir sur ce blog. La majeure partie de mon itinéraire londonien est encore griffonnée au dos de mes fiches de distribs ; qui sait ? je trouverai peut-être le temps d’y revenir cette année, dans la mesure où je ne serai pas en train de courir d’un ballet à l’autre tous les soirs de la semaine.

Une dernière chose, au fait, que pensez-vous de mon nouveau blog ? Une année à essayer de retenir où étaient les tirets et les points dans mon ancienne adresse a eu raison de mes débuts avec over-blog (sans parler du nombre de fois que j’ai failli faire exploser mes serveurs avec des pics de fréquentation intenses). Plus sérieusement, les fonctions de personnalisation offertes par blogger (chères blogueuses danse, vous apprécierez tout particulièrement les nouveaux gadgets de la colonne de gauche) (et vous avez vu mon favicon ?!) alliées une plus grande simplicité d’utilisation m’ont convaincue de ruiner votre travail de presqu’un an pour m’aider à construire un référencement. Je compte sur vous pour prendre note de ma nouvelle adresse (le titre du blog n’a pas changé) et vous remettre illico au travail.

Dans l’attente des comptes-rendus qui refleuriront sur vos blogs avec la réouverture des théâtres…

Très bonne rentrée à toutes et à tous !

*Je n’abandonne pas l’idée de vous faire partager ces merveilleuses soirées un jour…

7 commentaires:

Amélie a dit…

J'aime beaucoup ce nouveau blog ! Seul souci : je ne peux pas poster de commentaire depuis mon smartphone, ça buge.

Belle saison tout de même, Londres offre tellement plus que Paris en terme de ballet, c'est assez flagrant en lisant ce post. ça ne va pas trop te manquer cette année ?

Fab a dit…

Bravo pour ce nouveau blog et ce joli retour sur la saison qui vient de s'écouler...ça donne envie d'aller plus souvent à Londres!

Pink Lady a dit…

Merci ! Dommage tout de même que ça bugue avec les smartphones, j'espérais que ce serait plus intégré au contraire.
Et Londres, oui, ça va me manquer, surtout n'habitant pas Paris - le plus dur ayant été de devoir se faire à l'idée de passer à côté de beaucoup de belles choses la saison prochaine (car mine de rien c'est presque trop facile d'y aller, si seulement ça coûtait moins cher !)

mimylasouris a dit…

Je regretterai un peu le "o" d'"Impressions londoniennes" en plein sur le soleil levant et la description mordante de Pink Lady mais je devrais me faire à ce nouveau blog (cool de faire apparaître les flux RSS).
Sans surprise, j'ai une furieuse envie de me faire des week-ends à Londres (y'a Edouard Lock au Sadler's fin spetembre) mais le rythme de l'apprentissage en alternance risque de ne pas me laisser beaucoup d'occasions.
Sinon, les ballets Trockadéro en live... déjà que je suis pliée en deux devant le DVD ! Je vais faire comme miss Nevasayneva et espérer.
Et même si je n'aime pas Emilie Cozette, je dis bravo pour avoir préféré la cohérence dramaturgique d'un ballet narratif à la fascination balletomaniaque. Comme dit ma prof de danse, ça fait du bien de rappeler que les danseuses (et les balletomanes en l'occurrence) ont une tête et pas seulement des jambes.

Pink Lady a dit…

(Pff, une semaine pour répondre à un commentaire, je bats mes propres records - désolée, entre le déménagement et la rentrée je ne savais plus où mettre la tête !)
Eh oui tu vois j'étais prête à brader mon titre pour un favicon ; mais je peux sans doute rajouter la description du profil si ça te fait plaisir...
J'avais déjà vu les Trocks à Nantes (où jamais une compagnie de ballet ne met les pieds) il y a longtemps, que ce soit en live ou sur YouTube ils sont irrésistibles ! J'apprécie aussi ton soutien sur le Lac. En revanche pour Londres, tu n'as pas d'excuse :-p

Alice a dit…

Cette année c'est décidé je me ferai 2 ou 3 petits week end a Londres. Le programme est plus qu'alléchant et ça fait tellement longtemps que je n'y suis plus allée!
J'aime bien ce nouveau blog mais honnêtement je ne vois pas ce que tu reproches au précédent. C'était très bien aussi et puis je ne suis pas très "design". Si les billets sont bons je me fiche un peu du reste. Ah si! faut que ce soit dans une police et une taille lisible quand même. mais chez toi pas de problème!

Pink Lady a dit…

En effet il y a de beaux weekends à se faire cette saison ! En prévoyant suffisamment en avance c'est tout à fait accessible (si tu voyais mon planning !)
Blogspot est plus simple d'utilisation qu'Overblog... mais j'avoue que refaire le design m'a bien plu (et puis au moins vous ne vous ennuyez pas lorsque vous venez constater l'absence de nouveau billet, non ?) ;)