16/01/2011

Chronicles of a Swan Lake run in Paris

J’emprunte mon titre au Petit Rat, et l’art de revenir sur un spectacle deux semaines après la fin de la série à Amélie. En revanche, rédiger un article sur les bancs du Paul Hamlyn Hall à Covent Garden est un truc bien à moi (et c’est le seul moment que j’ai pu trouver dans mon emploi du temps surchargé de balletomane londonienne). Un mocha Starbucks à côté de moi (parce que j’enchaîne les journées de 15h à l’extérieur), une barquette de framboises discount Mark & Spencer (ahh, les soldes alimentaires chez M&S en fin de journée), me voilà parée pour arriver jusqu’au bout avant le début du spectacle.

Retour sur 15 jours de Lac parisien, de queues Pass Jeune qui n’ont jamais marché, de changements de distribution aléatoires et de rencontres en tous genres. La saison continue, la production que j’attends le plus n’est pas encore arrivée, en attendant je patiente à Londres entre la Giselle du Royal Ballet, le Romeo & Juliet de l’English National Ballet et la Cinderella de Bourne au Sadler’s Wells. Non, je ne programme pas mes vacances en fonction du planning de l’Opéra (c’est en tous cas ce que j’essaie de faire croire à mes proches). Celles-ci en ont par chance été bien remplies.

18/12 matinée – Ganio / Pujol, very beginnings

Mon premier Lac à l’Opéra de Paris. Et je n’ai pas été déçue. De retrouver cette compagnie, d’abord. Ces lignes élégantes, cette propreté, et ce corps de ballet masculin caractéristique de l’empreinte Noureev.  Placée au 1er balcon, malgré mon enracinement habituel aux parterres, je peux découvrir ce ballet comme il se doit, seule la vue d’en haut permettant d’apprécier les figures géométriques et les alignements parfaits du corps de ballet. Les décors et costumes simples et épurés mettent la danse en valeur, l’entrée des cygnes est à pleurer, la musique aussi parfois – mais de dépit seulement.

Laetitia Pujol, que je découvre presque, me fait une belle impression, avec des bras très travaillés, délicats et ondulants, un bas de jambe rapide et précis. Son manque d’extensions me gêne toutefois, surtout dans sa variation de l’acte II. Mathieu Ganio c’est l’école française, élégance et propreté (malgré une réception de tours hasardeuse), et de beaux grands jetés. Benjamin Pech en précepteur n’est pas spécialement ambigu dans sa relation avec le prince, pas d’exploits techniques non plus, mais le rôle lui convient dans l’ensemble.

Les danses folkloriques offrent le plaisir de voir les nouvelles têtes issues de l’école de Danse. Myriam Ould-Braham est délicieuse dans la napolitaine, toute de douceur, complice avec son partenaire, et quels jolis pieds. J’aurais tant aimé la voir dans le Pas-de-trois, à la place d’une Mélanie Hurel (le 29) que je trouve toujours un peu brutale. Belle surprise avec Stéphane Phavorin, que je vois pour la première fois dans du classique pur (si on exclut la toute première fois que je suis venue à l’Opéra), très à la hauteur dans le Pas-de-trois et totalement investi dans la danse espagnole (il pourrait rivaliser avec le torero préféré de Mimy). Les chevaliers de l’acte I semblables à des vautours annoncent déjà les volatiles des actes rêvés.

Un coup d’œil à l’entracte à ma place de galerie pour le soir me dissuade d’y retourner. Le ballet est long, et ce n’est que le début de la série. Par acquis de conscience, je tente quand même la queue pour les Pass – en vain, mais ça aura tout de même été l’occasion de feuilleter le programme, d’admirer les flous artistiques (on a toujours peur d’effrayer les gens en montrant des tutus) et les photos de répétitions beaucoup plus intéressantes. Avez-vous noté que Tchaïkovski a composé le Lac sous l’influence de la  Sylvia de Delibes ? ça me laisse perplexe. (Au passage, je suis à la recherche de l’article « Un Lac freudien » de René Sirvin, si quelqu’un a le programme de la dernière série...)


19/12 - 3B, triple bill

Le Pass Jeune qui revient à lui, la nouvelle cible de Palpatine (recroisée le 31 d’ailleurs), Le Riche égal à lui-même en Apollon, même commentaire pour Marie-Agnès Gillot en Terpischore, Jérémiiiiie Bélingard (il dansait quoi déjà ?), le Sacre qui enthousiasme tout le monde – sauf moi (la folie des foules, la violence machiste ? trop proche de la réalité), hors sujet.

21/12 - An evening with Lopatkina and friends (look here)


23/12 - Mozart l’Opéra Rock (& Salieri). No comment

26/12 - Bullion / Cozette, definitely inevitable

Il est 14h28, 100 personnes font encore la queue à la billetterie, affectant des moues sceptiques face à l’ouvreuse qui s’échine à leur répéter qu’il n’y aura « sans doute » plus de retours de places (le « sans doute » était vraiment de trop). Une vieille dame en manteau de fourrure prend un air offensé quand je lui propose une place à 34€ (suis sûre qu’elle me l’aurait achetée si j’avais triplé le prix), une autre revend sa place, ayant appris qui remplaçait Marie-Agnès Gillot (moi aussi, Amélie était en vacances mais on est tous linkés sur Dansomanie non ?). Mon strapontin est un numéro d’équilibriste, je tente de ne pas atterrir sur mon voisin (on entend par intermittence quelques BOUMS venus du parterre), et aussi d’oublier QUI danse – facile au premier acte.

Emilie Cozette m’a laissée une impression d'ennui dès la première fois que je l’ai vue, dans un extrait de Raymonda, qui n’a pas été gommée par le fait de la revoir 6 mois plus tard dans le rôle intégral. Je m’étais inquiétée à l’époque de savoir si j’aimais vraiment la danse, mais je me suis encore plus inquiétée, en découvrant peu après l’existence des forums, de la méchanceté gratuite et de la malhonnêteté des critiques à son encontre. C’est une excellente danseuse, belle et touchante en répétitions (cf. le film La Danse), elle n’a simplement pas la grâce d’une étoile. Ce premier jour, j’étais pourtant curieuse de voir ce qu’elle donnerait.

Eh bien elle a ses qualités et ses défauts. Son entrée n’est pas très réussie, je ne m’explique pas ce choix d’arriver bras couronne puis de les ouvrir à la seconde, ça fait trop « je m’impose » et trop peu cygne, puis elle brasse l’air avec, peine à exprimer la tristesse à l’acte IV, et les jette plutôt que de les habiter. Ses solos sont ennuyeux, dépourvus des instants de grâce qu’on attend de la danseuse qui interprète la princesse cygne, ses piétinés ne la font pas tellement flotter. Son cygne noir est bien meilleur, malgré un manque de fluidité dans sa variation, des fouettés très réussis et un beau jeu d’actrice.

Stéphane Bullion – c’était quand même sa prise de rôle – au contraire ne brille pas par son jeu, que je trouve peu lisible, beaucoup trop intérieur, surtout dans la deuxième partie. Il est pourtant bien présent, et très attentif par exemple à sa relation avec son précepteur, qu’il ne perd pas des yeux. De belles variations avec des sauts puissants, malgré quelques maladresses. Il n’a pas de chance avec les fumigènes, qui ne marchent pas du tout à la fin. Karl Paquette nous offre pour sa part une variation sans défaut apparent et un jeu irréprochable (amusant clin d’œil entendu à Odile avant d’entraîner le prince en avant-scène pour le faire se parjurer).

Les solistes du Pas-de-trois se distinguent, entre un Fabien Révillon que l’on n’attendait pas et qui irradie la joie de danser, tout en légèreté, une Sara Kora Dayanova qui ne perd rien de son moelleux et une Sabrina Mallem toujours à fond (qui se remarque aussi parmi les quatre grands cygnes). Audric Bezard et Florian Magnenet forment un beau duo dans la danse espagnole, et oui j’admets la supériorité de l’investissement du premier, même si je trouve beaucoup de prestance au second.

Les quatre petits cygnes remportent chaque soir un franc succès mais font aussi beaucoup rire. Je tire mon chapeau au chorégraphe qui aura le courage de renouveler ce passage ridicule et désuet. Eléonore Guerineau s’y distingue avec un travail de bas de jambe magnifique, une batterie très nette mise en valeur par des pieds superbes. Beaux jetés et vélocité aussi dans la napolitaine. Elle danse grand, à l’image d’Hugo Vigliotti, dont la générosité et le bonheur de danser font plaisir à voir dans le corps de ballet masculin.

Quand on pense que de tels artistes ne montent pas pour des questions de physique. Les compagnies anglaises ne font pas tant de chichis avec leurs danseurs, et malgré mon habitude de voir des rangées de sosies, c’est bien ce que me choque le moins ici (et je ne vous raconte pas la surprise de voir des couleurs de peau différentes) – beaucoup moins que de ne pas retrouver la propreté, le travail de bas de jambe voire les cous-de-pieds labellisés Opéra (que ces deux-là maîtrisent parfaitement).

Karl Paquette, Emilie Cozette, Stéphane Bullion

27/12 – Martinez / Cozette and Bullion (needless to translate)

Parking des Pass Jeunes. Déjà 5 personnes devant moi quand j’arrive, 1h avant, et qui y croient en plus (de toutes façons pour venir ce soir-là ça ne risquait pas d’être des habitués danse). Je retrouve une connaissance, on entame aussitôt une séance « mémoires de guerre ». Nous partageons des souvenirs émus de Ken (mais oui, le japonais qui était rivé au banc des Pass l’an dernier), le jour mythique où celui-ci s’est ouvert le genou pour ne pas manquer le lever de rideau et admirer sa belle Emilie, à (la blondeur de) laquelle il vouait un amour éperdu. On enchaîne sur l’absence de politique marketing de l’Opéra ; un petit nouveau se joint à la conversation, et nous nous faisons un plaisir de lui faire découvrir les subtilités de la file d'attente maison – en voilà un qui n’a pas manqué sa soirée, même s’il n’a pas eu ce qu’il venait chercher.

Revoir une danseuse qu’on n’apprécie pas particulièrement un deuxième jour de suite relève du masochisme, soit. N’empêche que beaucoup de gens ont l’air de penser qu’elle ne s’est pas si mal emparée du rôle depuis le début de la série (une vraie rafle, la moitié des représentations ; quand on pense que sur 17 Premières danseuses et Étoiles potentielles, seules 4 ont dansé le rôle, ils ne prennent pas beaucoup de risques !) et je me dis que j’ai peut-être manqué quelque chose la veille. J’étrennais aussi mes premières jumelles, et je n’étais pas vraiment rentrée dedans. Et puis le dernier Lac de José Martinez... à 19h26, je décide de garder ma place.

Mardi, j’avais vu le prince de José Martinez troublé, absent. Ce soir, je le trouve plutôt agacé par son précepteur omniprésent, qui ne le lâche pas, le réveille, lui interdit de danser et le surveille, non sans une certaine fierté. Stéphane Bullion fait merveille en précepteur, son jeu y est beaucoup plus adapté. On se demande ce qu’il pense lorsqu’on sourire fugace passe sur son visage lors du couronnement, ou quand il vient prendre la couronne entre ses mains une fois le prince sorti : est-il moqueur, jaloux, ou content que ce pouvoir lui appartienne ?

Son personnage est tellement oppressant que je me demande si le prince ne va pas finir par se révolter. Et le miracle survient lors de la  variation lente de Siegfried : sa rêverie le libère. José Martinez, un air doux sur le visage, a le don de rendre un cheminement intérieur compréhensible à toute la salle. Son expressivité est assez bouleversante, également lorsqu’il se découvre dupé. Lui qui ne m’a jamais touchée depuis le temps que je le regarde en vidéo m’a attendrie ce soir. Et toujours cette technique précise, ces équilibres et ces jetés allongés. Lorsqu’il aperçoit le cygne de loin, s’attend-t-il comme moi à voir Agnès Letestu entrer en scène ? Il n’y aura pas de surprise de ce côté.

Stéphane Bullion, Emilie Cozette, José Martinez


29/12 - Heymann / Pujol, last cast but not least

LA distribution que j’attendais, et à laquelle j’avais convié ma famille (OK, étant donné le décalage entre les dates de réservation des billets et l’affichage des distributions, aucun rapport en réalité – n’empêche qu’ils sont chanceux, à chaque fois je les traîne à l’Opéra ils voient Heymann : Heymann en Colas, Heymann en Albrecht, Heymann en Solor, Heymann en Siegfried... ils l’avaient même vu en Baptiste). Je venais donc pour... Mathias Heymann, et je me suis pourtant attendue jusqu’à la dernière minute qu’on annonce son remplacement par Ganio, allez savoir pourquoi.

On a dit le pire de sa performance ce soir-là. Bon, Mathias Heymann qui loupe un double assemblée alors qu’il en a passé toute une série sans problème l’an dernier, c’est assez... inusuel. N’empêche que ça restait du Heymann : un ballon extraordinaire, une technique brillante, une souplesse qui lie irrésistiblement chacun de ses mouvements. Le solo de l’acte I fut mené avec de belles arabesques et un équilibre parfait, celui de l’acte II avec une superbe batterie et une belle élévation (où l’on retrouve Albrecht) (oui, je suis en plein dedans cette semaine, et je repense chaque soir à la série d’entrechats qu’il nous a offerte l’an dernier, surtout en voyant Sergei Polunin , son alter ego londonien) (comme dirait Amélie, je suis une groupie, je suis faible, et je l’assume).

Son jeu n’est pas non plus sans intérêt : si son désespoir lorsqu’il se découvre trahi n’est pas très convaincant – on voudrait qu’ils se lâchent tous un peu plus sur le jeu – sa façon de tourner sur lui-même, comme étourdi par les fouettés du cygne noir, n’est pas inintéressante. Son prince est beaucoup moins torturé que les autres, plutôt joyeux et insouciant, et ne se trouble que lorsque la reine lui présente des jeunes filles à marier. On se demande pourquoi une jeune étoile comme lui n’a pas l’opportunité de mûrir ses rôles en scène.

En face de lui, Laetitia Pujol est une Odette très féminine, et pourtant très distante de Siegfried. Point de complicité possible entre eux, pas même vraiment d’amour, et aucun regard direct : c’est bien l’illusion de la femme que Siegfried aime, inatteignable et éthérée. Dans la version Noureev, je trouve ce parti-pris très crédible. J’aime aussi la diagonale de piqués en seconde arabesque, lorsque le cygne noir fond sur Siegfried après l’avoir ensorcelé avec ses fouettés. (Et au passage, suis-je la seule à ne pas les compter ? J’avoue que tant que la danseuse ne s’arrête pas de tourner avant la fin de la musique, ça ne m’importe pas du tout.)

Invité de dernière minute, Yann Saïz remplace Pech en Rothbart. C’est la surprise de la soirée. D’abord par le jeu : un précepteur ami, confident du prince ? Moins hiératique et beaucoup plus amical que les autres, l’exact opposé de Bullion, il offre une interprétation inattendue et en concordance avec celle du prince. Il n’en est pas moins décidé pour autant, et il faut voir la violence avec laquelle il rejette Siegfried lors du final, qui fait sursauter toute la salle. Sa variation lors du bal, sur une musique déjà étrange et différente, est pleine d’ambiguïté : sa danse douce et enivrante, avec de très beaux bras sensuels, jette le trouble.

Seul bémol de la soirée, je suis loin, très loin de la scène (cette salle est immense). De nombreuses places vides au parterre me poussent à tenter ma chance à l’entracte, mais je me fait jeter avec un regard dégoûté. Condamnée à compter les fauteuils vides du haut de mon perchoir. C’est toujours un peu doux et amer, une soirée à l’Opéra.

Yann Saïz, Laetitia Pujol, Mathias Heymann

31/12 : Bullion / Cozette & The Petit Rat

Pendue au téléphone pendant 2 jours pour essayer de récupérer des retours de place, j’ai fini par m’entendre dire le matin-même qu’il y avait eu trois retours... de 5ème catégorie. Comprendre : au guichet. N’étant pas Parisienne, la course a été perdante, et me voilà donc contrainte aux 5h de queue réglementaire entre un prof de maths très sympathique (qui fait la queue pour sa famille) et une dame au chapeau à l’accent étranger  (elle parlait tellement bien français que je n’ai pas osé lui demander son pays d’origine – oui, moi ça me vexe terriblement qu’on m’assène « oh you’re French ! » à chaque fois que j’ouvre la bouche ici), ce qui rend l’attente agréable. Le hall est plein de courants d’air, mais arrivés les premiers on a eu droit à la moquette, alors on ne va pas se plaindre.

Le Petit Rat me rejoint après un dernier jour de l’an épique, et à 18h45 on décroche deux places de 5ème catégorie en fond de parterre (dites-moi que ce ne sont pas les mêmes qu’on n’a pas voulu me vendre au téléphone 6h plus tôt). Je n’aurais jamais cru pouvoir me trouver en meilleure compagnie que l’an dernier à la même date, mais malgré ma place moins bien située et 3x plus chère, c’est chose faite. C’est soirée de gala, donc surtaxé à cause du cocktail (les gens de la queue hésitaient à demander une ristourne en prenant juste la place, pas le cocktail) Ont-il vraiment vendu les places debout à 25€ ? Le mystère reste entier.

On s’installe, et les ouvreuses n’ayant pas assez de feuillets de distributions, le Petit Rat l’emprunte à nos voisins. La voyant rigoler en me regardant après un coup d’œil à la fiche, je pressens le pire. MAG a déclaré forfait une fois de plus, l’héroïne de la série Emilie Cozette assure le remplacement. L’Opéra ne s’est pas fendu d’un communiqué, est visiblement en guerre avec son service internet, et vu la pénurie de feuillets, certains ont dû s’en rendre compte sur le tard. Beaucoup de touristes apparemment, et des applaudissements peu nourris.

Le Pas-de-trois réunit Charline Giezendanner (pas annoncée mais bienvenue), dont j’aime la fraîcheur et la précision,  Eve Grinsztajn, belle batterie, et Christophe Duquenne, belle batterie lui aussi dans les cabrioles (?) finales et de beaux sauts écart en remontant, en revanche son costume marron me dérange : il le tasse et ne s’accorde pas avec les tons roses de ses partenaires. Vanessa Legassy devait interpréter la reine : elle a les traits pour et incarne ce rôle à merveille, notamment lorsque Rothbart lui vole la vedette, son air outré n’a rien de la douceur de Béatrice Martel, qui la remplace ce soir.

Le solo du prince clôt agréablement le premier acte, le problème est qu’à ce moment le public est fatigué d’attendre les cygnes donc s’en fiche, et c’est le bazar à chaque fois : bavardages, sachets de bonbons... Je teste pour la première fois ce soir le côté jardin, qui n’arrange pas vraiment les choses : on ne voit pas par exemple cette magnifique diagonale de l’acte II, lorsque les cygnes penchés en avant figurent les vagues avec leurs bras. Je profite du Pas-de-deux pour vanter mes nouvelles jumelles au Petit Rat (il faut dire que  S. Bullion est un argument de vente efficace).

Entracte. On rentabilise nos places en dévalisant les petits fours (pour ceux que ça intéresse autant que moi, les buffets étaient très fournis surtout en restant plantées devant : mini-sandwich au saumon fumé, tartelettes à la framboise et carrés tout chocolat). Des petites filles dansent dans les couloirs (pas en tutu contrairement au ROH, où j’en ai même vu avec les costumes Disney de Cendrillon), les gens vont voir la fosse d'orchestre, moi je préfère l’oublier. Quand je n’entends pas la musique durant un ballet, c’est plutôt bon signe – et ce soir, j’aurais préféré, parce qu’entre les trompettes dissonantes et le violon solo à la peine... comment peut-on bien danser dessus ? – d’un autre côté, les ballets que j’aime sont en général ceux dont j’adore la musique, un vrai vecteur.

Le final de l’acte IV est toujours aussi réussi. On sent aux premières notes du thème musical de la tempête que les choses s’accélèrent et qu’on approche du dénouement. J’aime beaucoup le porté final, lorsque Odette est emportée par Rothbart. Mais je ne reviendrai pas plus dessus, d’autant que j’ai déjà écrit plus que nécessaire... presque un mois depuis mon dernier compte-rendu, heureusement que twitter m’aide désormais à rester au jour ; dès demain je reprends un rythme (et un nombre de mots) décent, n°1 de mes bonnes résolutions.

J’en profite pour vous souhaiter une bonne année à tous !

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