20/12/2010

The Royal Ballet in Class

16/12, 10h30, Clore Studio Upstairs

La dernière fois, ils l’avaient affiché sur Facebook. Sursaut. Incrédulité. C’est possible ? Really? Priorité toutefois à « ceux qui n’ont jamais vu une classe au ROH et qui veulent mieux comprendre ce que c’est que le ballet et la vie d’un danseur ». Soit ; après tout je n’avais encore jamais vu le Royal Ballet sur scène (cet été il y avait seulement eu la matinée annuelle la Royal Ballet School et le Bolchoï en tournée), je me suis sentie concernée. C’est ainsi que j’ai découvert la troupe de façon assez inattendue, un mercredi matin dans un studio de répétition, sans la moindre idée du nom ni du rang des danseurs que j’avais devant moi.

Cette fois-ci, la mention rigoureuse « Invited audience » m’avait presque découragée – mais pas empêchée de revenir de temps à autre sur le site par acquis de conscience, tentant par divers liens d’accéder aux réservations privées. Et la veille, alors que j’allais abandonner, bingo. On prend les billets, on réfléchit après. « M’enfin, tu viens de poser 2 semaines de vacances pour Noël, ce qui même en comptant les jours fériés (28 & 29) dépasse largement ton quota, tu ne vas pas en plus prendre une demi-journée pour aller regarder un cours de danse ! Faut savoir être raisonnable ! » Et j’ai donc très raisonnablement mis mes remords de côté pour pouvoir me rendre une fois de plus à Covent Garden, entre une représentation de Pierre et le Loup et une conférence sur la Notation Benesh le soir même. Inutile de préciser que je ne l’ai pas regretté.



Maintenant que je les ai vu en scène, je peux en reconnaître certains. Je retrouve donc Valentino Zucchetti et Lauren Cuthbertson (je crois), qui étaient déjà là la dernière fois, Melissa Hamilton et Steven McRae, aperçus dans Onegin, Sarah Lamb et Gary Avis, très reconnaissables en photo, ou encore David Pickering, qui nous avait déjà présenté une époustouflante séance introductive sur la vie du ROH (compte-rendu à venir). C’est encore lui qui est aux commandes ce jour-ci, et qui explique le déroulement du cours au public (qui mêle vieux Friends et groupes de scolaires) avec beaucoup d’enthousiasme, avant de prendre sa place à la barre avec les autres.

Loipa Araujo, ancienne ballerine du Ballet de Cuba, donne le cours. En observant les exercices à la barre, beaucoup d’étirements et déhanchements, des ronds de jambe en attitude et de grands mouvements déliés, on peut constater que chaque professeur insuffle vraiment son style à la classe. Celle-ci n’est pas si classique que ça. La musique même s’en ressent, avec quelques accents langoureux latinos, lorsque le pianiste ne s’amuse pas (comme ils le font tous) à insérer des extraits de ballet ou de The Entertainer.

Je mets un moment avant de me rendre compte de la présence de Marianela Nuñez, petite chose emmitouflée au fond de la salle. Elle se donne à voir en revanche dans les sauts, avec des diagonales de jetés d’une légèreté et d’une longueur époustouflante, transformant en art pur le moindre port de bras. Les développés de M. Hamilton, les extensions d’A. Zucchetti, les attitudes de S. McRae, les sourires rayonnants de S. Lamb au milieu... nous en mettent plein la vue. Beaucoup de danseurs partent avant la fin, dont McRae à ma grande déception – avant de me rappeler qu’il était blessé il y a peu. 

Le cours s’achève sur plusieurs séries de grands sauts et une coda ; c’est le temps des questions. D. Pickering charge Johannes Stepanek d’y répondre.

Clore Studio Upstairs


What does it take to be a dancer? demande un petit garçon. - A lot of passion, a lot of love... and hard work – but of course what you love isn’t really hard work.
What does it feel on stage ? - ... great. (On s’en serait douté.)

Lorsque le danseur explique ses débuts à l’Ecole de Danse du Ballet national de Vienne, David P. reprend la parole pour expliquer que la troupe du Royal Ballet ne compte pas moins de 17 à 20 nationalités différentes, et qu’il est fier que ce soit « one of the top companies in the world ». Les Anglais pourraient nous donner des leçons d’humilité. S’ensuivent des questions sur ses habitudes alimentaires, son ballet préféré et son emploi du temps. Spoiler : les danseurs ici ont leur classe à 10h30, suivie d’une répétition, une heure de pause à 14h30 et de nouveau une répétition jusqu’à 18h30. Je me demande où ils trouvent le temps d’apprendre à être si communicatifs...

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