07/11/2010

Very kitsch Sylvia, part 1 - An Introduction to Ballet

Tout a commencé le samedi 2 octobre. La journée Introduction to Ballet concoctée par le ROH, destinée aux « newcomers », avait de quoi réjouir les fans déjà acquis : de 10h30 à 13h00, une présentation générale, comprenant un cours d’histoire de la danse (assuré par Ursula Hageli, Ballet Mistress) et des extraits dansés par des jeunes éléments de la compagnie, entrecoupée d’une pause café thé.

Puis une session de l’après-midi (14h-16h) portant plus spécialement sur le ballet Sylvia : d’abord une répétition du corps des amies (attendants) de Sylvia, interprétées ce jour-là par les élèves de dernière année de la Royal Ballet School ; et enfin le pas-de-deux de Sylvia et Aminta à l’acte III, avec Melissa Hamilton et David Trzensimiech, qui l’avaient préparé pour le présenter ensemble au concours de Varna. Pas assez gradés pour danser ces rôles-titres sur scène cette année, on les remarque cependant dans le corps de ballet, lui pour sa technique solide et elle pour sa présence radieuse. Ils avaient ce jour-là droit à des répétiteurs de luxe, en les personnes de Lesley Collier et Jonathan Cope, anciens danseurs étoiles.

Linbury studio

No sparing

A £16 (£7 pour les étudiants) la séance de 4h30 de danse et de conférence, avec de nombreux artistes et invités de luxe, on peut dire que le ROH ne lésine pas sur les moyens pour promouvoir la danse. Le Linbury Studio, amphithéâtre situé au sous-sol de la salle principale, offre une atmosphère intimiste et les proportions idéales pour ce type d’évènement : répétitions de solistes, master-classes, introductions aux différentes productions… au moins tous les 15 jours, avec un personnel toujours très généreux.

Ce samedi, les huit gracieuses jeunes filles en tuniques rouges, survêtements bleus-marine et jambes interminables en ont montré l’exemple. La première entrée des amies de Sylvia est pour le moins corsée : grands jetés, ballotés et déboulés, en groupe et en musique – on comprend vite pourquoi ces rôles sont toujours confié à des solistes. Ursula Hageli les fait répéter sans concession sur les lignes, les épaulements ou la tenue des arcs, et on a droit à une heure de répétition digne d’un corps de ballet professionnel.

Les demoiselles sont chaudement applaudies pour leurs efforts, et les solistes entrent en scène (pas de deux ici, avec une caméra qui fait n'importe quoi mais la distribution est d'actualité). Là encore, personne ne se ménage : ni les répétiteurs, stars ici, inlassablement à la recherche d’améliorations ; ni le pianiste, dont j’admire la patience et la légèreté du doigté ; ni les danseurs eux-mêmes. Miss Hamilton reste ravissante même lorsqu’elle est en difficulté, et peut faire confiance à son partenaire pour la soutenir. Lorsqu’elle n'arrive plus à passer la double-pirouette suivie d’un fouetté arabesque située au début de sa variation (2'10) qu’elle avait superbement réussi la première fois, la jeune soliste fait preuve d’une belle ténacité pour y parvenir à nouveau.
Le travail de répétition s’expose en toute simplicité ; Clare Thurman, Ballet Education Manager, explique patiemment le synopsis du ballet au fur et à mesure ; et c’est déjà le temps consacré aux questions des spectateurs. Les artistes, visiblement roués à ces opérations de communication, y répondent en toute décontraction. Quand on pense au cérémonial auquel on n’échappe pas à Paris : ici, les danseurs s’échauffent sur scène lorsque les spectateurs s’installent dans la salle ; c’est tout dire.

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