27/12/2010

Cinderella vs. Cinderella (2/3) – The Shiny one

27/11 & 02/12 
 
Ce ballet fait partie de la légende du Royal Opera House – ou plutôt du Royal Ballet, ex Sadler’s Wells Ballet, lui-même ex-Vic-Wells Ballet, qui l’a créé en 1948. Premier ballet full-length de Frederick Ashton, mais aussi premier ballet en trois actes jamais produit en Angleterre, il fut monté en l’espace de 6 semaines et conservé jusqu’à aujourd’hui avec un soin extrême, dans des enrobages de naphtaline inusuels en France. Après cette troisième tentative, je dois bien m’avouer un peu déçue par ce chorégraphe, dont j’avais adoré La Fille mal gardée lorsqu’elle avait été représentée à Paris, mais dont le manque de profondeur et la superficialité de l’utilisation de la musique me semblent un peu surannés.

Un vieux monsieur avec qui je discute en fond de stalls (miracle, la luxueuse distribution n’ayant été affichée que très tardivement – un mois avant ! – j’ai réussi à décrocher une de ces places debout en fond d’orchestre, parfaites pour découvrir un nouveau ballet, ordinairement prises d’assaut par les Friends) me confie que ce n’est pas non plus son ballet préféré ; qu’il préfère le Prokofiev de Roméo & Juliette (ce qui se comprend vu l’utilisation de la musique dans ce ballet), ou le Nutcracker comme ballet, et me conseille fortement de ne pas manquer Manon, especially celle donnée par le ROH (j’en prends bonne note). Les lumières déclinantes interrompent notre conversation.


Act 1: A room in Cinderella's father's house
Curieux décor que celui dévoilé par le rideau tandis l’orchestre fait jaillir les premières notes de la superbe musique de Prokofiev. Une toile d’avant-scène représente une immense cheminée, dont les flammes projettent leur éclat sur le public. Au-dessus, un miroir, dans lequel se reflète la salle, et les tableaux du chorégraphe et du compositeur. Par transparence  apparaît bientôt la scène : Cinderella est assise au coin de la même cheminée en modèle-réduit, ses deux ugly sisters vautrées sur le canapé central. Philip Mosley et Thomas Whitehead se chamaillent et multiplient les pitreries – pourtant bon public, "elles" ne me font pas beaucoup rire. La mère est aux abonnés absents dans cette version, ce que je regrette. Le père existe, mais n’est déjà guère plus qu’un fantôme, vieillard gâteux pas plus capable de défendre sa fille que de conférer la moindre drôlerie à pantomime. Le tableau s’étiole lentement, tel l’écharpe que se disputent les sœurs de Cendrillon, malgré l’arrivée du tailleur et la grotesque leçon de danse.

 Sous les appeaux de la mendiante passée quémander du pain, la fée Lilas arrive enfin, déclenchant les exclamations émerveillées de la petite fille assise deux sièges devant moi (les matinées à Covent Garden sont traditionnellement le jour des enfants). Laura Morera incarne ce rôle insipide avec des épaulements magnifiques. S’ensuivent les variations des fées, ici encore bien mieux dansées la deuxième fois – j’y retourne pour le principe – qu’en matinée. Akane Takada, Melissa Hamilton et Iohna Loots font gracieusement étalage de leur technique brillante (seule Hikaru Kobayashi n’a pas l’air très heureuse, malgré de beaux équilibres) ; il n’y a pas grand-chose d’autre à se mettre sous la dent. Si : les effets spéciaux (c’est dire...). Celui qui transforme la citrouille en carrosse transportant une Cinderella vêtue de sa robe étincelante (et d’une traîne ridiculement longue), tirée par quatre danseurs-souris est particulièrement réussi. Il clôt le premier acte.


Act 2: The ballroom at the palace

Après un petit tour pour se dégourdir les jambes / ou pour trouver à s’assoir, selon le type de place dont on a hérité, l’acte II s’ouvre sur la prestation du bouffon que j’avais vue travaillée en répétition. Fernando Montaño a remplacé James Hay la première fois, et met beaucoup de précision dans ses variations virtuoses, que l’habit bariolé fait tout d’un coup paraître beaucoup moins spectaculaires. Kenta Kura en revanche ne m’impressionne guère : des sauts lourds et sans aucune souplesse, en dedans et pas très propres, disons que ce n’était pas son jour.

Beaucoup de « poses photos » dans cet acte du bal, d’ailleurs à tous, devant de très beaux décors qui ne font qu’accentuer l’impression que le reste de la matière n’a pas été traité. La valse est totalement dépourvue de sensualité, en particulier chez les hommes: il faut se réhabituer ici à voir des danseurs de ballet guindés et emperruqués. Les enfants sont mignons mais font partie du décor. Et que dire du ridicule des oranges ? Le petit Napoléon qui échoit à la sœur cadette est toutefois vraiment drôle, et les entrées individuelles des danseuses du corps de ballet des fées (saut de chat en duo, puis piqué arabesque en plein centre une par une) me surprennent. Le départ de Cendrillon redevenue miséreuse, prise dans un tourbillon au centre d’une horloge lumineuse plaquée au sol, est aussi très bien réglé.

Du côté des interprètes principaux : on voit à peine le prince, qui débarque au milieu du bal pour danser son pas-de-deux avec Cendrillon, trois petits tours et puis s’en va – et rebelote à la fin. Sergei Polunin a la prestance et les traits qui se prêtent au rôle ; il est accompagné en matinée par Yuhui Choe, que j’avais déjà vue en classe. Délicate, précise, et d’une espièglerie exquise lorsqu’elle se moque de ses sœurs, cette First Soloist lauréate du Prix de Lausanne en 2002 est une danseuse à suivre. La seconde distribution alliait un Thiago Soares irréprochable à une Roberta Marquez plus vive, aux abandons délicieux, avec de surcroit un très beau placement (toujours juste ce qu’il faut).


Act 3: After the ball

Le ballet poursuit avec application sa narration du conte à l’acte III. Paradoxalement, malgré des variations souvent ennuyeuses et inutiles, le ballet paraît court et peu consistant. Les sœurs occupent le terrain : le premier acte tout entier leur est dévolu, la moitié du bal, et on les retrouve de nouveau ici pour la séance d’essayage. (Le galop du prince à travers les différents pays du monde pour retrouver sa belle a été coupé par Ashton, qui n’en n’aimait pas la musique !) Les baguettes lumineuses des fées lors du pas-de-deux final sont bien jolies.


J’en ressors avec l’impression d’un gâchis. L’histoire a beau être celle d’un conte de fée, elle aurait sans doute pu être mieux explorée. La musique ne méritait pas d’être appauvrie de la sorte – surtout quand par miracle elle était correctement interprétée, mention spéciale aux cuivres, quand on pense combien c’est facile de massacrer du Prokofiev. Des répétitions dans la chorégraphie, une pantomime qui en devient exaspérante à force d’être omniprésente, et pour finir l’impression d’une grosse farce, bref, un grand ballet qui n’a pas encore livré tout son potentiel.

A voir sur Youtube : de nombreux extraits de Cinderella avec Alina Cojocaru et et Johan Kobborg.

24/12/2010

An evening with Lopatkina & friends

21/12, Opéra Bastille

C’était la soirée des premières, comme me l’a fait remarquer Fab’ en partant. Première rencontre interblogs, première attente à la sortie des artistes pour la moitié d’entre nous, première série de Lac des Cygnes pour moi (premier Lac à une représentation près), première fois que je voyais la mythique Uliana Lopatkina en vrai. On la connaissait toutes pour l’avoir vue dans le documentaire Ballerina de Bertrand Normand, et certaines gardaient un souvenir ébloui de son passage à Versailles l’an dernier – assez pour convaincre les autres de ne pas la manquer cette fois.

Par chance, un petit rat d’Opéra pariso-londonien m’avait glissé les dates de sa venue bien avant l’ouverture des réservations sur internet, et je n’avais pas eu trop de mal à me procurer des places. D’autres auront dû pour pouvoir rentrer affronter le triste sort réservé à ceux qui tentent l’aventure des places de dernière minute : 4h d’attente dehors en hiver, à observer les vigiles bien au chaud dans leur aquarium chauffé mais vide... Visiblement, les danseurs aussi ont eu du mal à se trouver des places, puisque plusieurs d’entre eux attendaient en quête d’un fauteuil vide avant le début du spectacle. Mathilde Froustey y réussira, deux rangs derrière moi (petite pensée émue pour Palpatine, qui était ailleurs ce soir-là) ; Marie-Agnès Gillot devra se contenter de s’asseoir sur un parapet. N’est pas VIP qui le mérite.

Gathering and discoveries

Arrivée en métro, je commence par me tromper de sortie (c’était sans doute trop difficile d’écrire en gros « Opéra Bastille – PAR ICI » à une extrémité du quai) et je dois faire le tour de la place pour rentrer dans le hall déjà bondé, où je retrouve Mimy. Nous échangeons quelques mots avec une sympathique balletomane japonaise avant de réussir à mettre la main sur les autres bloggeuses, reconnues à la couleur des sacs et des lunettes (bon, le fait que Mimy et Amélie se soient déjà rencontrées auparavant a un peu aidé). Ciel, il faut lever la tête pour leur parler. Le temps de faire les présentations, et c'est déjà l'heure de trouver nos places. J’avais fait des frais pour la belle Russe, et me voilà dans les tous premiers rangs du parterre. Le spectacle peut commencer.


J’avais découvert ce ballet samedi, vu de loin. A quelques mètres de la scène, l’effet n’est pas le même. Si les alignements impeccables du corps de ballet gagnent à être vus d’au-dessus, le jeu des danseurs dans les duos Siegfried/Rothbart/Odile/Odette/Siegfried (2x2) s’apprécie mieux de près. Les costumes et les décors, simples et épurés – à tel point qu’on a du mal à s’imaginer une cour princière – concentrent l’attention sur les mouvements de groupe, qui meublent ce grand espace scénique. Quel plaisir, d’abord, de retrouver cette propreté familière et de si belles lignes. Si contrairement à d’autres, ce premier acte de divertissements ne me paraît pas trop long, le pas-de-trois est un interlude plaisant. Ludmila Pagliero est légère et dynamique, et le ballon d’Emmanuel Thibault fait murmurer – je n’attends pas qu’un garçon termine ses sauts en même temps que les filles. Mille regrets toutefois de ne pas voir ce soir Mlle Ould Brahman.


José Martinez est un prince distant, ennuyé par le bal, perdu dans ses rêveries, et indéniablement troublé son jeune précepteur. Stéphane Bullion, que je n’aurais jamais imaginé si petit comparé au longiligne Martinez, ne le lâche pas des yeux, même lorsqu’il lui met dans les bras des jeunes princesses avec un dédain caractérisé. La valse des hommes à la fin du premier acte est du grand Noureev – après les kitscheries anglaises je ne demande pas mieux. La variation pensive est mené de main de maître par un J. Martinez aguerri et accompli, sous le regard intense de son possessif précepteur. Les tours qu’ils inflige ensuite au prince, auxquels correspondent en écho ceux de Rothbart dans le pas-de-trois final, annoncent déjà le tourbillon hypnotique du cygne noir.

Appearance of The Swan

Car on attend quand même les cygnes. L’idée de lier les actes I et II, sans baisser de rideau, est assez ingénieuse, et nous fait directement entrer dans la rêverie du prince. On oublie vite - tout comme lui - les colonnes carcérales du palais. L’apparition de Lopatkina suscite des applaudissements bienvenus dont on n’a pas l’habitude. Bien que je n’ai vu ce ballet qu’une fois auparavant, on perçoit tout de suite la différence.
Comme il a été dit sur un forum, la version Noureev du Lac est centrée sur le personnage du prince, et le cygne, de figure archétypale de la danseuse par excellence comme il peut l’être en Russie, n’est plus qu’un personnage secondaire, dédoublé d’ailleurs à l’infini par les autres danseuses. Uliana Lopatkina remet les choses à leur place. Elle ne cherche pas à s’intégrer à cette interprétation. C’est elle, la star, la ballerine reine, qui n’a rien d’un fantasme. Elle n’a de double que la perfide Odile, car impossible de voir son reflet dans le corps de ballet : ce n’est pas la même école. Des bras ondulants, dégagés des épaules, des piétinés qui la font glisser sans la moindre secousse, tout vit et témoigne d’un investissement total. On s’en prend tellement dans la figure que j’ai du mal à me faire une idée au deuxième acte, et que ce n’est qu’en la retrouvant au suivant que j’accroche complètement.


L’entrée du corps de ballet est belle à pleurer – rappelons que les actes blancs ont été réglés par Lev Ivanov, Marius Petipa en ayant seulement dessiné les grandes lignes. Les quatre petits cygnes sont tellement attendus que je peine à y voir autre chose qu’un passage obligé. La variation « heureuse de J. Martinez est un bonheur de précision, et bien que ce danseur ne soit pas celui qui me touche le plus, j’avoue que son jeu et sa technique me convainquent. Etrange ceci dit de ne pas le voir en compagnie d’Agnès Letestu, les pas-de-deux en paraissant presque maladroits.

L’entracte arrive, nous permettant d’échanger nos impressions. B#1 et L*** sont aussi de la partie, et les avis fusent comme on en a peu l’habitude. Qu’est-ce que vous avez pensé de Lopatkina, qui est convaincu par Bullion, est-ce que Thibaut danse vraiment tout seul, qui est embêté par ses voisins ? Cams n’a pas été servie, et j’ai pour ma part hérité de deux gamines qui n’ont strictement rien à faire de ce qui se passe sur scène, ne se redressent même pas pour les cygnes et passent le spectacle à discuter, fouiller dans leurs sacs ou jouer sur leurs téléphones portables... je ne vous raconte pas la bataille de guilis pendant le solo de Siegfried. Mais la sonnerie retentit déjà.

The gorgeous and the elevated

Les danses de caractère mettent en valeur le corps de ballet, et en particulier les nouvelles têtes, de celles et ceux qui étaient encore à l’Ecole de Danse l’année dernière. E. Guérineau est charmante dans la napolitaine et joue beaucoup avec son partenaire. Ma surprise de la série aura été un S. Phavorin très investi dans la danse espagnole, que je découvrais dans du classique. F. Magnenet aussi se détache selon moi du corps de ballet, et j’ai hâte de le voir étrenner son rang de premier danseur l’année prochaine. Les costumes sont très beaux. Le prince s’ennuie.


L’arrivée de Odile et Rothbart le réveille. J’adhère complètement à cette Odile vive, au regard ravageur.  Même si ses fouettés ne sont pas parfaits, U. Lopatkina est à l’aise en technique, développe derrière l’oreille et passe les tours attitudes avec une facilité déconcertante. En voyant sa connivence avec Rothbart-Bullion, je me demande pourquoi on ne les a pas mis ensemble. Ce dernier reste très présent tout du long. Sa variation part très bien, avec beaucoup de force – dommage, il est déstabilisé lors de ses tours attitudes – mais il se reprend avec un manège de jetés entrecoupés de tours d’une vitesse et d’une précision surprenantes, dont des doubles-tours en l’air enchaînés finis dans une 5ème impeccable.

Les applaudissements et les saluts à la fin de la coda me gênent un peu : je trouve qu’ils coupent l’émotion dans laquelle nous place l’intrigue qui se noue autour de Siegfried, d’autant qu’ils accentuent le côté cirque qui brise l’illusion du spectacle. Le départ de Rothbart et Odile triomphants n’en reste pas moins impressionnant. Le cygne blanc qui double les bras du cygne russe n’est malheureusement pas très crédible de près, mais ce n’était pas un cadeau. Cette fois, le rideau se baisse.


On retrouve quelques instants plus tard Siegfried, qui recommence à rêver. Les cygnes s’assemblent autour de lui, et la scène qui se déroule dans le palais donne plus que jamais l’impression du songe. L’acte IV tout entier est un moment de magie. U. Lopatkina est superbe d’intensité dramatique, une Odette éplorée devant un Siegfried perturbé et désolé ; S. Bullion domine sans vergogne. L’image de la scène finale, lorsque Odette prête à se jeter dans le lac prend la pose de la Mort du Cygne tandis que Rothbart s’avance et écrase le prince déjà noyé dans les fumées, est assez marquante.

Ovation lors des saluts. Malgré la lumière rallumée très, très vite, le rideau s’ouvre une dernière fois pour nous permettre d’applaudir comme il se doit l’invitée russe. Le chef n’échappe pas à quelques huées – bon, malgré un violon solo qui sonnait faux (aussi un peu maltraité par les tempi ralentis) ce n’était pas si terrible (le jour où on voudra des moments de grâce musicaux, on cessera de payer les orchestres au rabais). Le ballet qui m’avait paru très long samedi est cette fois passé comme un éclair.


A la sortie des artistes, on retrouve enfin le Petit Rat, qui a du mérite d’être encore là après sa journée marathon. Et ça papote de plus belle : pourquoi (pourqui) y-a-t-il un défilé le soir de la dernière de Coppélia, qui dansera Odette les 24 & 27, qu’est-ce que Ganio/Heymann ont fait du rôle, est-ce que les Pass marcheront en fin de série, quand sont prévus les adieux de José Martinez... Le voilà qui arrive justement : on sort notre programme (où l’on peut lire l’article d’une autre blogueuse) pour se le faire dédicacer, je reste bouche bée devant tant de sympathie. Qui a pensé que les danseurs étaient des êtres éthérés et inaccessibles ? Le corps du ballet continue de défiler, certaines d’entre nous abandonnent. On ne verra pas Stéphane Bullion, ça m’évitera de tomber en pamoison, et Uliana Lopatkina sort enfin à minuit moins le quart, l’air épuisé mais d’une patience à toute épreuve. La soirée s’achève sur la promesse de se retrouver très vite.

En attendant ne manquez pas d’aller lire les blogs des demoiselles citées dans l’article...

Joyeux noël à tous !

20/12/2010

The Royal Ballet in Class

16/12, 10h30, Clore Studio Upstairs

La dernière fois, ils l’avaient affiché sur Facebook. Sursaut. Incrédulité. C’est possible ? Really? Priorité toutefois à « ceux qui n’ont jamais vu une classe au ROH et qui veulent mieux comprendre ce que c’est que le ballet et la vie d’un danseur ». Soit ; après tout je n’avais encore jamais vu le Royal Ballet sur scène (cet été il y avait seulement eu la matinée annuelle la Royal Ballet School et le Bolchoï en tournée), je me suis sentie concernée. C’est ainsi que j’ai découvert la troupe de façon assez inattendue, un mercredi matin dans un studio de répétition, sans la moindre idée du nom ni du rang des danseurs que j’avais devant moi.

Cette fois-ci, la mention rigoureuse « Invited audience » m’avait presque découragée – mais pas empêchée de revenir de temps à autre sur le site par acquis de conscience, tentant par divers liens d’accéder aux réservations privées. Et la veille, alors que j’allais abandonner, bingo. On prend les billets, on réfléchit après. « M’enfin, tu viens de poser 2 semaines de vacances pour Noël, ce qui même en comptant les jours fériés (28 & 29) dépasse largement ton quota, tu ne vas pas en plus prendre une demi-journée pour aller regarder un cours de danse ! Faut savoir être raisonnable ! » Et j’ai donc très raisonnablement mis mes remords de côté pour pouvoir me rendre une fois de plus à Covent Garden, entre une représentation de Pierre et le Loup et une conférence sur la Notation Benesh le soir même. Inutile de préciser que je ne l’ai pas regretté.



Maintenant que je les ai vu en scène, je peux en reconnaître certains. Je retrouve donc Valentino Zucchetti et Lauren Cuthbertson (je crois), qui étaient déjà là la dernière fois, Melissa Hamilton et Steven McRae, aperçus dans Onegin, Sarah Lamb et Gary Avis, très reconnaissables en photo, ou encore David Pickering, qui nous avait déjà présenté une époustouflante séance introductive sur la vie du ROH (compte-rendu à venir). C’est encore lui qui est aux commandes ce jour-ci, et qui explique le déroulement du cours au public (qui mêle vieux Friends et groupes de scolaires) avec beaucoup d’enthousiasme, avant de prendre sa place à la barre avec les autres.

Loipa Araujo, ancienne ballerine du Ballet de Cuba, donne le cours. En observant les exercices à la barre, beaucoup d’étirements et déhanchements, des ronds de jambe en attitude et de grands mouvements déliés, on peut constater que chaque professeur insuffle vraiment son style à la classe. Celle-ci n’est pas si classique que ça. La musique même s’en ressent, avec quelques accents langoureux latinos, lorsque le pianiste ne s’amuse pas (comme ils le font tous) à insérer des extraits de ballet ou de The Entertainer.

Je mets un moment avant de me rendre compte de la présence de Marianela Nuñez, petite chose emmitouflée au fond de la salle. Elle se donne à voir en revanche dans les sauts, avec des diagonales de jetés d’une légèreté et d’une longueur époustouflante, transformant en art pur le moindre port de bras. Les développés de M. Hamilton, les extensions d’A. Zucchetti, les attitudes de S. McRae, les sourires rayonnants de S. Lamb au milieu... nous en mettent plein la vue. Beaucoup de danseurs partent avant la fin, dont McRae à ma grande déception – avant de me rappeler qu’il était blessé il y a peu. 

Le cours s’achève sur plusieurs séries de grands sauts et une coda ; c’est le temps des questions. D. Pickering charge Johannes Stepanek d’y répondre.

Clore Studio Upstairs


What does it take to be a dancer? demande un petit garçon. - A lot of passion, a lot of love... and hard work – but of course what you love isn’t really hard work.
What does it feel on stage ? - ... great. (On s’en serait douté.)

Lorsque le danseur explique ses débuts à l’Ecole de Danse du Ballet national de Vienne, David P. reprend la parole pour expliquer que la troupe du Royal Ballet ne compte pas moins de 17 à 20 nationalités différentes, et qu’il est fier que ce soit « one of the top companies in the world ». Les Anglais pourraient nous donner des leçons d’humilité. S’ensuivent des questions sur ses habitudes alimentaires, son ballet préféré et son emploi du temps. Spoiler : les danseurs ici ont leur classe à 10h30, suivie d’une répétition, une heure de pause à 14h30 et de nouveau une répétition jusqu’à 18h30. Je me demande où ils trouvent le temps d’apprendre à être si communicatifs...

09/12/2010

Cinderella vs. Cinderella (1/3) – The ROH in rehearsal

01/11 – Linbury Studio

Au Royal Opera House, comme partout ailleurs, tout commence toujours par des répétitions – l’avantage, c’est qu’ici certaines ont lieu en public, lequel ne boude pas son plaisir. Retour au Linbury Studio, ce premier lundi de novembre, en compagnie de Christopher Carr, maître de ballet, et de deux jeunes danseurs de la compagnie : James Hay et Valentino Zucchetti. Clare Thurman introduit la séance, et Kate Shipway s’installe au piano.

Comme d’habitude, le suspense sur le contenu de la séance est total. Le site du ROH indique laconiquement le nom du ballet répété, mais quel passage ? avec qui ? quelle durée ? Nothing.  En arrivant, je m’attends presque à voir le corps de ballet, et une séance de travail du même type que celles de l’AROP ; or la feuille de papier distribuée à l’entrée laisse plutôt penser à une répétition de solistes. Cinq noms, quatre biographies d’artistes, et toujours zéro mention de variation. Intriguée, je passe le petit salon de thé attenant et je descends dans l’amphithéâtre.



Some introductions

Sans surprise, les danseurs sont déjà en train de s’échauffer et de discuter sur scène. Ce n’est qu’une fois le public installé qu’ils ôtent leurs surchauffes pour danser en collants ou en short, en général très colorés. Christopher Carr, lui-même ancien danseur de la compagnie, nous annonce qu’il va leur faire répéter le rôle du jester (n’ayant jamais vu Cendrillon auparavant, j’ignorais la présence d’un bouffon dans ce ballet, donc j’ai compris "gesture", et passé la soirée à m’imaginer une sorte de mime). Plusieurs morceaux de bravoure en perspective : ça tombe bien, Valentino Zucchetti, qui m’avait premièrement sauté aux yeux lors d’une morning class, semble taillé pour ce genre de rôle. Sa technique spectaculaire acquise à la Scala Ballet School lui a valu d’être engagé dans la compagnie cette année, après un passage au Ballet de Norvège ; depuis, on le voit peu sur scène (il n’est d’ailleurs que remplaçant sur ce rôle), mais il est de toutes les répétitions publiques.

De son côté, James Hay est une belle découverte. Lauréat (entre autres récompenses) du Prix de Lausanne en 2007, ancien élève de la Royal Ballet School, il se distingue par une danse propre et liée, qui me font regretter de ne pas le voir dans des rôles plus nobles que celui d’un bouffon ou d’un satyre. C’est cependant bien lui qui interprétera ce personnage sur scène*, et que Christopher Carr fait répéter en priorité.

James Hay (à droite) et Valentino Zucchetti (à gauche)
Benesh Movement Notation

Avant de passer à la répétition proprement dite,  le maître de ballet nous fait un topo sur l’importance de la notation en danse. (Dans l’intention de promouvoir la conférence à venir sur le sujet ? Non, parce que le sujet lui tient à cœur, tout simplement, et qu’il ne peut s’empêcher d’en dire un mot à chaque fois.) Cinderella étant le premier ballet full-length de Ashton, c’est une pièce fondamentale du répertoire anglais, qu’il était important de préserver. Le système de notation Benesh, du nom du mathématicien à qui sa femme danseuse a soufflé l’idée, inventé à la même période, offre justement la possibilité de transcrire le mouvement sur du papier à musique. Le plus ? Contrairement à la vidéo, il part d’un point de vue d’arrière-scène, et non en miroir, face aux danseurs. Bémol : il n’aura pas fallu moins d’un an pour retranscrire Cinderella dans ce vocabulaire... Quoiqu’il en soit, le maître de ballet nous apprend que le ROH travaille beaucoup avec ce système de notation ; lui-même ne se déplace pas sans son cahier, auquel il se réfère fréquemment pour vérifier un pas.

Portée de notation Benesh
Trêve de bavardages, le public commence à s’endormir et on ne tient pas longtemps des danseurs immobiles. C. Carr les fait d’abord marquer plusieurs fois les variations du jester avant de les laisser danser "en grand". Alors qu’il tente de leur enseigner les caractéristiques de la danse d’Alexander Grant, le (très) exubérant créateur du rôle – danseur apparemment mythique du Royal Ballet, avec de "great qualities" mais également quelques  lubies, comme celle de se tenir en permanence bizarrement cambré, ou la tête renversée en arrière – la séance devient rapidement très drôle.

The jester

Le ballon et la souplesse de V. Zucchetti impressionnent, mais le flegme du maître de ballet encore plus. "Not too bad", après une diagonale de sauts fixés en l’air (ça ressemble à des sauts-de-chat battus, difficile de les décrire autrement). "You are not the PRINCE !" l’entend-t-on s’écrier juste après une entrée de James Hay,  "more cheeky !", puis de lui reprocher d’ouvrir les bras à la façon du Cygne blanc.

Cinderella, the jester
"Grant was never natural, still unusual" explique-t-il, et en effet, on comprend vite que le rôle du jester a été taillé sur mesure et résiste aux moins acrobates. Difficulté bien accessoire : le bouffon ne cesse de jouer avec un bâton, au bout duquel est fixé un masque, souriant d’un côté / malheureux de l’autre – "your friend", dixit Christopher Carr. Or se servir dudit bâton comme d’une corde à sauter n’a rien d’aisé, ni plus ni moins que d’enchaîner des tours fouettés en l’abaissant à chaque fois comme un sceptre face au public. "That’s why we’re called Royal Ballet", commente encore le répétiteur, provoquant l’hilarité générale. J. Hay rechigne à enchaîner les roulades à terre ? "You have to, according to Joan and Rudolf Benesh..." avant de conclure sur un sempiternel "Dancing is painful".


Et indiscutablement, cela l’est (*). James Hay, blessé, ne dansera finalement pas le bouffon sur scène. Erreur de casting ? Quel dommage, vraiment, pour ce jeune danseur si prometteur. Je lui souhaite le meilleur rétablissement possible, en espérant qu’il saura vite revenir pour réaliser la belle carrière qui l’attend.

03/12/2010

In the Tube (December)

En allant prendre mon train, le matin, il m'arrive de passer devant...


Ici la danse s'affiche sans complexes.


Même à plusieurs.


(Petit aperçu des spectacles à venir...)

28/11/2010

AROP’s gala took Garnier by storm... and so did I



Retour à Paris le temps d’un week-end, pour une soirée intemporelle. Le terme « gala » suscite des réactions plutôt controversées, de l’effarement des honnêtes gens devant le prix des places à l’excitation des plus mondains à la perspective de faire pour une fois partie du spectacle. Et puis il y a les balletoman(iaqu)es indignés de voir qu’un gros gâteau risque de leur passer sous le nez. J’en suis.

Moi qui ne paie jamais une place de ballet plus de 10€/£, je n’ai pas hésité une seconde à débourser les 75€ permettant d’accéder à la 6e catégorie et au programme chorégraphique : un Défilé, un pas-de-deux de Balanchine, un Grand Pas de Lacotte, le Boléro de Béjart, et 5 étoiles qui le valaient bien. Qu’on se le dise, le Palais Garnier est autant la maison des amateurs d’arts que du gotha, et nous autres blogueurs étions là pour le revendiquer – mais discrètement.

Red carpet & court shoes




C’est donc en mode invisible, talons hauts et « robe de soirée » (un assemblage de prêt-à-porter bon marché qui a vraisemblablement fait illusion) que je me rend ce samedi 20 novembre à la station Opéra. Le dress code officiel : robe de soirée / cravate noire (c'est-à-dire à peu près tout sauf une cravate noire) a visiblement été sujet à diverses interprétations, dont celle de mon partenaire de la soirée, et va du jean noir aux robes de princesses. Côté personnel de l’AROP, les filles ont droit à des robes noires et un nœud doré à la taille, plutôt seyant.A l’extérieur, le tapis rouge est déployé (ouf ! car l’idée de gravir les glissants escaliers de marbre avec mes escarpins me donnait des sueurs froides) et les passants s’attroupent. Lorsque deux touristes asiatiques me demandent gentiment ce qui se passe, je constate que quelques jours en France ont suffit à me faire perdre mon anglais: « it’s the birthday... of an organization... err... taking care (?) of Paris Opera... its friends... (??) ». Ma réponse balbutiante peine à les convaincre, et après quelques tentatives, je finis par me réfugier à l’intérieur.


La décoration florale exotique est splendide, même si je reste sceptique devant les palmiers (j’aurais préféré les roses, enfin, on fait avec...). Avec la foule du hall, ce n’est pas une mince affaire de récupérer ma place, mais j’y parviens à la fin. Palpatine me sert fort peu galamment de rampe (ils ont mis des fleurs sur celles du grand escalier, aucun esprit pratique), et on n’oublie pas au passage la photo avec les gardes nationaux. Les photographes massés sur le pallier central nous snobent complètement, en revanche ils ont l’œil pour les célébrités.


Il y a du beau monde, de belles robes, de belles parures en vitrines (la soirée est sponsorisée mécénée par Vacheron Constantin) et sur les cous aussi – j’y apporte même ma (minuscule) contribution. Amatrice de toutes les beautés, j'en profite sans réticence. A la vue d’une tiare, j’en viens même à me poser cette question existentielle : peut-on en porter si l’on n’est pas une princesse ? j’en veux une. Les bijoux en exposition attirent les regards, particulièrement une magnifique montre reproduisant le plafond de Chagall. Mais arrive bientôt le moment de gagner nos places.


Ode to Nicolas


Premières loges de côté, deuxième rang : un excellent rapport qualité-prix même lorsque l’inflation est aussi forte. Debout, on voit parfaitement toute la scène – et puisque qu’il eût été indécent de vendre le 3e rang aux prix en vigueur (d’ailleurs non-indiqués sur les billets), on ne gêne personne. Les ministres (Mitterrand, Bachelot, Lang) ont eu droit aux loges de face ; les grandes dames organisatrices (Mmes de Brantes, Janssen) au premier rang du balcon. Une première dame est semble-t-il présente – on ne l’apercevra pas. Un président patronne : qui s’en souvient ? L’heure est à la danse.


Le spectacle s’ouvre sur le Défilé du ballet, nettement plus convenu ce soir qu’en début d’année. Les applaudissements sont bien là, mais on ne ressent pas la même chaleur dans la salle. Puis c’est le show Gilbert-Carbone dans Tchaicovskï-pdd, présenté par Stéphane Bern, égal à lui-même (« Dorothée Gilbert et son mari », on l’a assez dit). Deux fois que je me déplace pour Heymann, et que je vois Alessio Carbone à la place : ce danseur est fort sympathique, mais je regrette la virtuosité technique de son jeune collègue. Malgré tout, ce n’était pas peu de chose que de réussir un partenariat aussi équilibré face au Gilbert fireworks : épaulements, précision des sauts, sûreté des équilibres... rien que pour la voir dans ce morceau de bravoure qui semble taillé sur mesure, on se dit que « ça valait le coup ».

Dorothée Gilbert

Après une seconde intervention de Bern, qui rend hommage à Elisabeth Platel, on nous sert le Grand Pas de Paquita, sur un fond neutre jaune : la polonaise des enfants de l’Ecole de Danse, les variations des demi-solistes où se distingue par sa précision Charline Giezendanner, et le pas-de-deux des étoiles-en-chef José Martinez et Agnès Letestu. Ayant manqué cette production en octobre dernier, je suis contente de voir cet extrait ici, et de constater que le ballon de José Martinez est intact, ou que le corps de ballet se tire très proprement d’une chorégraphie pourtant périlleuse. Fin des réjouissances.
 



Parce que ce qui vient ensuite nous fait entrer dans un autre monde, une sorte de transe qui vous rapproche au plus près de la Danse comme art à l’état pur. Par étapes : une main, un halo lumineux, une musique répétitive lancinante, un corps d’homme marqué par les années de danse, des assistants (Magnenet et Bézart) à l’effet non moindre, toujours plus nombreux, pour finir par dégager une harmonie et une énergie rares, qui vous poussent à ne pas lâcher des yeux un danseur pendant 20 minutes. Nicolas Le Riche est toujours aussi haletant dans ce rôle et n’aura pas volé le plus grand succès de la soirée – un comble, quand on pense que la plupart des gens étaient inévitablement venus pour le lyrique.

Outstand[sleep]ing singers


Vient l’entracte, et le retour à des considérations plus triviales : où sont passés les petits-fours ? Nous mettons un certain temps à trouver un buffet, et pour cause : notre loge donne sur le salon privé réservé au comité d’honneur, et on ne sert que des canapés VIP à notre étage. Finalement, ce sera un demi-verre de jus de fraise (il n’y avait que du champagne, aah ce que ces cocktails peuvent être mal achalandés) et spaghettis en rentrant. On croise PPDA pendant la bataille, qui n’a apparemment pas non plus ses entrées au salon des donateurs, mais qui ne tarde pas à retrouver la lumière des caméras, se retrouvant par hasard 5 min plus tard au centre des escaliers.



Retour dans notre loge pour la seconde partie, et nouvelle apparition de Stéphane Bern : après la scène, la loge impératrice et le premier rang d’orchestre (on s’attend presque à le voir surgir dans notre dos), le voici au balcon. Avec son lyrisme coutumier, il évoque l’histoire des lieux. Sa décontraction et son côté people dépareillent et donnent un côté assez amusant aux circonstances. Après la danse, le lyrique : le beau programme rouge format A4 gracieusement distribué à l’entrée indique plusieurs duos ou solos *connus* (pas de moi en tous cas, même si certains airs ne me sont pas étrangers).




Le Duo des Fleurs de Lakmé (Delibes), interprété par Inva Mula et Karina Deshayes, est un pur plaisir. Des voies de soprano et mezzo-soprano qui s’entrelacent aussi délicatement, et aussi juste, je n’y résiste pas. L’air de Lenski, tiré de Eugène Onéguine (Tchaïkovski) par Piotr Beczala a aussi l’heur de me plaire. Méphistophélès (Faust, Gounod) est passablement comique. Le reste très vite soporifique. Palpatine scandalisé par mon inculture me réveille au moment de l’Air de la Folie, de Lucia di Lammermoor (Donizetti) (Edita Gruberova Natalie Dessay) pour me montrer un orgue de verre ; curieux instrument. Je me demande un moment si ce ne sont pas les coupes de champagne de l’entracte qui ont été recyclées. L’Opéra se mettrait-il au développement durable ?


Le final, Serenade to Music de Ralph Vaughan Williams, a vite fait de me rendormir. S’ensuivent deux bis. DEUX. Comme si un n’était pas déjà assez incongru – vous imaginez un danseur se mettre à danser une variation du Lac des Cygnes à la fin de Paquita, parce qu’il est content d’être applaudi ? non évidemment. Les chanteurs d’opéra eux font ça tout le temps, et ça ne choque personne. (Pas plus que les cachets exorbitants qu’ils ont dû toucher pour cette soirée, comparé à nos *pauvres* danseurs.)


Il est 23h. Cendrillon a une heure pour rentrer chez elle avant l’expiration de son ticket de métro illimité pour une journée. En sortant, on passe devant les magnifiques tables dressées, partout dans les couloirs. Le homard est déjà servi (ils n’ont pas peur qu’on l’emporte au passage, après nous avoir affamé par le manque de petits fours ?). Très belle soirée – une autre façon de voyager, assez éblouissante, qui donne envie d’y retourner... pour le plaisir.
 
Crédits photo : Palpatine. Crédits photoshop : Pink Lady.