18/07/2015

Ardani 25 Dance Gala au London Coliseum

17/07

L’évènement balleto-mondain à ne pas manquer si vous passez l’été à Londres, c’est l’Ardani Dance Gala, qui réunit chaque année son lot de stars internationales sur la scène du London Coliseum. Grande habituée de l’évènement, Natalia Osipova ouvrait le bal hier soir dans une création d’Alastair Marriott, chorégraphe du Royal Ballet. Zeitgest n’est pas sans rappeler le Connectome qu’il avait créé pour elle la saison dernière. Il en reprend la structure : trois jeunes hommes entourent un couple principal devant un écran numérique en guise de décor. Natalia Osipova y fait la même entrée saisissante, déboulant en grands jetés du fond de la scène pour se jeter dans les bras de son partenaire Edward Watson. Le couple, trop rarement associé bien qu'il appartienne à la même compagnie, enchaîne les torsions et les hyper-extensions dans une chorégraphie sur-mesure.
Alastair Marriott joue sur la personnalité nerveuse des danseurs dans un travail à fleur de peau, muscles saillants sous les maillots minimalistes, courbes soulignées par les éclairages en clair-obscur, facilitant le mouvement plus qu’il ne l’impose ; un choix sans doute judicieux étant donné le peu de temps accordé aux répétitions pour ce type de gala. Il crée un solo pour Marcelino Sambé, qui tournoie dans les airs avec une grâce féline, un duo pour Tomás Mock et Donald Thom (le seul à n’être pas déjà présent sur la précédente création), aux physiques plus racés, et un final en forme de fugue pour le quintuor durant lequel les danseurs se suivent dans un effet de persistance rétinienne, chacun dessinant la suite du mouvement de l’autre, au son lancinant des violons de Philip Glass. Les corps s’enchevêtrent une dernière fois et puis s’estompent, comme les flux lumineux derrière eux.

Edward Watson dans Zeitgest de Alastair Marriott © DanceTabs / zxDaveM

03/12/2014

[Brève] Résultats du concours de promotion 2014

Le concours interne du Ballet de l’Opéra de Paris s'est déroulé cette année les 3 et 6 décembre à l’Opéra Garnier. Les résultats ont été annoncés tout au long des deux journées :

mercredi 3 décembre

Classe des Quadrilles (hommes) : sont promus Coryphées Antoine Kirscher et Florent Mélac.

Classe des Coryphées (hommes) : sont promus Sujets Germain Louvet et Hugo Marchand.

Classe des Sujets (hommes) : aucune majorité ne s'étant dégagée au sein du jury, le poste n'a pas été pourvu.

samedi 6 décembre

Classe des Quadrilles (femmes) : sont promues Coryphées Ida Viikinkoski et Jennifer Visocchi (sur les cinq postes ouverts, trois n'ont pas été pourvus)

Classe des Coryphées (femmes) : sont promues Sujets Léonore Baulac et Hannah O'Neill.

Classe des Sujets (femmes) : Laura Hecquet est promue Première Danseuse.

Le classement détaillé est à retrouver sur le forum Dansomanie. Félicitations à tous et toutes !

13/10/2014

Sweet Violets, Scarlett virtuose

14, 17, 22, 24 & 26/05, Royal Opera House

Si l’on devait donner une définition de la balletomanie, je dirais qu’on peut s’en déclarer atteint le jour où l’on retourne voir un ballet au cours d’une même série de représentations avec la même distribution. Mes premiers symptômes ont suivi la soirée Lifar / Petit / Béjart à l’Opéra Garnier il y a quelques années; le dernier accès en date remonte au programme Serenade / Sweet Violets / DGV au Royal Opera House en mai, mais cette fois, c’est une fièvre musicale qui m’a poussée à y retourner une, deux, trois, quatre, cinq fois (j’ai quand même eu la décence manquer l’une des représentations de la série, histoire de ne pas me faire diagnostiquer ballet-maniaque).
 
Steven McRae & Laura Morera, Sweet Violets © Tristram Kenton
 

12/08/2014

Impressions londoniennes, ép. 6 : instants d’audience

Il m’arrive parfois de m’égarer hors des contrées si sécurisées de la balletomanie pour aller visiter celles, pas si lointaines, de nos voisins lyricomanes.

La Fille du Régiment au Royal Opera House (2014)

1… 2… 3… opéra

J’apprenais l’autre jour au détour d’un article que les critiques de cinéma écrivent suite à des projections privées. Quelle drôle d’idée. Pour avoir déjà tenté d’écrire sur des répétitions (malgré la terreur inspirée par la gardienne du temple de l’AROP), je peux assurer que l’exercice n’a rien de comparable avec le compte-rendu d’une représentation : même lorsque le travail est tout à fait achevé, on se sent vide. Aux générales, l’effet est un peu différent, la salle étant remplie d’invités, mais le style sans doute un peu trop décontracté ne renvoie pas la même atmosphère : il n’y a pas cette fébrilité des spectateurs endimanchés qui viennent pour la première fois s’offrir un plaisir tout à fait exceptionnel. Les rangs du parterre restent dépeuplés, souvent réservés aux metteurs en scène et aux photographes, ce qui affaiblit la caisse de résonance.

Car c’est bien d’une sorte de résonance émotionnelle qu’il s’agit, déterminée par le style et la pratique du public. L’émotion ressentie est rarement la même que l’on se trouve au parterre ou au fond de l’amphithéâtre ; dans une loge où les touristes applaudissent ou en compagnie d’habitués qui assurent le commentaire du spectacle en direct. La vue de la scène et la proximité avec les artistes n’est pas le seul critère extérieur entrant en compte dans la perception d’un spectacle (raison pour laquelle certains critiques ou blogueurs se font presque un devoir de relater l’avant et l’après, ne serait-ce que pour donner des clés de lecture). Si vous souhaitez tenter l’expérience, rien de tel qu’une soirée d’opéra, l’ambiance y étant encore plus électrique pour celles réservées aux ballets.

05/07/2014

La saison 2014-2015 du Royal Ballet

Quels ballets voir à Londres en 2014-2015 ? Si vous avez prévu d’aller passer un weekend outre-manche, ne manquez pas l’occasion d’admirer le Royal Ballet dans l’une des œuvres typiques de son répertoire. Petit aperçu des soirées que nous réserve la saison 2014-2015 (pour les modalités pratiques, suivez le guide : comment aller voir un ballet à Londres ?)

Steven McRae, Alice in Wonderland © Johan Persson

04/07/2014

Notre-Dame de Paris, Roland Petit

30/06, Opéra Bastille

Dernière première de la saison à l’Opéra Bastille. Dans la fameuse travée du rang 15, où ont pris place les invités de marque, la Directrice de la Danse fait son entrée, souveraine en son royaume, s’arrêtant sur son passage pour distinguer certains heureux élus par une accolade ou une embrassade prolongée. Selon leur importance, les importants propriétaires des sièges en font de même : il y a comme une étiquette qui indique combien de temps rester debout devant son fauteuil, s’assurant d’être vu par tout le parterre, que l’on soit Critique, Directeur, Étoile, Ami du Chorégraphe ou Maître de Ballet. Mais lorsque les lumières s’éteignent, chacun redevient simple spectateur, humble témoin d’une œuvre – quelle qu’elle soit – qui relègue en quelques secondes tout ce beau monde dans l’obscurité.

Notre-Dame de Paris de Roland Petit © Christian Leiber